On dit souvent : c'est le calme avant la tempête. Mais quand un ouragan comme Irma se prépare à frapper de plein fouet la Floride, c'est tout le contraire.

Un texte de Christian Noël, envoyé spécial en Floride

C’est la tension tranquille au centre-ville de Miami. Le ciel est bleu et dégagé. L’air est chaud et humide. Mais tout le monde sait que ce n’est qu’une question de temps.

Les bourrasques doivent commencer vendredi, les vents d’ouragans samedi. Puis, Irma arrivera dans la nuit de samedi à dimanche avec ses vents à 300 km/h et des crues des eaux catastrophiques qui pourraient atteindre plusieurs mètres.

Anne-Marie Poulin est originaire de Beauce. Déménagée en Floride en juin 2015, elle s'apprête à affronter son premier ouragan. « Je peux vous dire que je m'ennuie des tempêtes de neige! », lance-t-elle à la blague, un peu pour essayer de chasser le stress qui l’envahit.

Anne-Marie a barricadé sa maison et quitté son quartier de West Palm Beach, qui risque d’être inondé. « Le déchirement à choisir ce que tu veux apporter avec toi : souvenirs, objets précieux... Sans oublier qu'il faut tout filmer et prendre en photo de ce que l'on a, au cas où il n'y aurait plus rien quand nous reviendrons », nous écrit-elle.

Mais elle et ses deux enfants de 7 et 10 ans n’ont pas quitté la Floride pour autant. Elle a décidé de rester. Elle vit maintenant chez des amis, dans une zone « un peu plus sécuritaire », mais qui se trouve quand même dans la trajectoire prévue de l’ouragan.

De toute façon, la taille d'Irma est tellement vaste que les vents violents et la pluie torrentielle frapperont fort probablement toute la Floride, du golfe du Mexique jusqu’à l’Atlantique.

« Je peux vous dire que le stress est à son maximum, que j’ai le "motton" à la gorge », confie Anne-Marie Poulin. Mais le plus dur est « de s'abstenir de pleurer devant les enfants pour ne pas les effrayer encore plus ».

Les autoroutes qui permettent de quitter le sud de la Floride sont congestionnées et ressemblent à des stationnements. Bon nombre de stations d’essence sont à sec. Les camions-citernes des pétrolières sur l’autoroute sont escortés par des voitures de police.

C’est la course aux sacs de sable, mais il y a pénurie. Certaines personnes ont donc décidé de se présenter avec des pelles et des sacs sur la légendaire plage de Miami, ce qui est illégal.

Les magasins sont bondés de gens, mais les étagères sont presque vides – une course aux provisions qui n’émeut pas John Bourassa, qui vit à Fort Lauderdale depuis 1976. « Irma sera mon cinquième ouragan. Je suis passé au travers et je ne suis pas inquiet », assure-t-il.

Les annonces dans les médias pour se préparer à la saison des ouragans commencent normalement en juin et sont répétées régulièrement dans les journaux. La population devrait être au courant, « mais les gens ne prennent pas de précautions », nous écrit-il. « À chaque ouragan, c’est la panique! »

Pas pour John Bourassa. « En juin, je commence à acheter des bouteilles, des gallons d'eau et des cannes de nourriture pour être prêt. J'étais déjà prêt la semaine passée. Je n’ai pas été obligé d'attendre en ligne nulle part. »

Lui aussi a décidé de rester. Malgré l’ouragan Irma, qui bat des records historiques par sa puissance, sa taille et sa vitesse – et fort probablement aussi des dégâts historiques, qui selon certains, pourraient atteindre les 300 milliards de dollars.

Vivre en Floride, c’est profiter du climat, des plages et de la nature. Mais c’est aussi accepter qu’on ne contrôle pas Dame Nature.

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