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Chaos et incertitude, une semaine après le choc Trump

Une nervosité qui est compréhensible. Personne ne connaît les capacités de Donald Trump à gouverner. Il est seulement le cinquième président américain à n’avoir jamais occupé un poste électif.

On connaît encore moins son entourage, qui jouera un rôle central dans son administration.

Ses premières nominations ont de quoi inquiéter ceux qui voient dans le président désigné un amateur ignorant les règles de base de la gouvernance. L’arrivée de l’incendiaire Steven Bannon en est un exemple troublant.

M. Bannon a dirigé un site Internet de l'extrême droite « alternative » (alt-right), Breitbart News, soutenu par le mouvement nationaliste blanc. Un site anti-musulman et anti-immigrant, dont les propos misogynes en laissent plus d’un perplexe.

Il sera le conseiller stratégique du président Trump. Le numéro 3 à la Maison-Blanche.

Steven Bannon est l’architecte de la victoire de Donald Trump. C’est lui qui a su tabler sur la colère de la classe moyenne qui a donné une majorité de grands électeurs aux républicains. L’écarter du pouvoir aurait provoqué une levée de boucliers parmi la base des sympathisants du nouveau président.

La nomination de M. Bannon a fait réagir Harry Reid, leader de la minorité démocrate au Sénat, qui a demandé à Donald Trump s’il n’envoyait pas un drôle de message aux Américains en plaçant un champion de la suprématie blanche aux portes du bureau ovale, comme conseiller.

Prenez vos responsabilités, a ajouté Reid, et congédiez Steven Bannon immédiatement. Mais rien ne prouve que M. Bannon est lui-même un raciste.

Par contre, le choix de Reince Priebus comme chef de cabinet est plus rassurant. M. Priebus dirige le Parti républicain depuis 2011. Il vient du Wisconsin. Il est aussi un ami proche de Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants.

Donald Trump a besoin de M. Priebus pour créer des liens et négocier avec la majorité républicaine au Congrès, qui ne partage pas nécessairement ses idées.

Mais pour l’instant, ceux qui ont surtout l’oreille de Donald Trump sont sa fille Ivanka et son gendre, Jared Kushner, un promoteur immobilier. Les deux ont joué un rôle d’éminence grise, ayant leur mot à dire sur les nominations et l’orientation de la campagne.

Peu de gens les connaissent. M. Kushner a un compte Twitter, mais n’a jamais envoyé un seul tweet. Les fils de Donald Trump, Eric et Donald fils, sont aussi très près de lui.

Pour sa part, Ivanka est une femme d’affaires qui vend vêtements, accessoires et bijoux pour femmes.

D’ailleurs, après l’entrevue de la famille Trump, dimanche à l’émission 60 Minutes du réseau CBS, son entreprise a rapidement fait la promotion du bracelet qu’Ivanka portait pour l’occasion. Ledit bracelet était à vendre pour la modique somme de 10 800 $.

Le nom Trump est avant tout une marque de commerce. La compagnie d'Ivanka Trump a reconnu son faux pas dans une déclaration transmise mardi au Washington Post.

Une transition chaotique

Pour l’instant, la transition entre l’administration Obama et celle de Donald Trump semble être chaotique. La passation des pouvoirs est une opération complexe et délicate, qui se prépare de longue date.

M. Trump a confié à la dernière minute la direction de son comité de transition à son vice-président, Mike Pence, qui remplace ainsi Chris Christie, le gouverneur du New Jersey et proche conseiller du milliardaire new-yorkais.

Un changement de direction qui provoque de la tension et des retards. La nouvelle administration aura plus de 4000 postes à pourvoir au cours des prochains mois. L’échec d’une telle transition peut se traduire par d’énormes problèmes de gestion pour l’équipe à venir.

L’objectif est de faire en sorte que l’administration Trump soit prête à gérer efficacement, au lendemain de la cérémonie d’assermentation du 20 janvier prochain.

Le président sortant Barack Obama a répété qu’il fallait laisser la chance à Donald Trump de gouverner pour le bien des États-Unis.

M. Trump souhaite donner une autre direction au pays en créant 25 millions d’emplois par l'entremise, entre autres, de baisses d’impôt pour les entreprises.

Il veut aussi diminuer la taille de l’État. Un État qui est l’équivalent d’un immense paquebot et qui risque d’être beaucoup plus difficile à diriger que des tours à condos.

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