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Charlottesville : Trump blâme de nouveau « les deux camps »

Après avoir condamné lundi « les violences racistes », le président américain est revenu à ses déclarations initiales sur les affrontements et de l'attaque mortelle à la voiture-bélier survenus samedi à Charlottesville, en Virginie. Pour lui, tous ont leur part de responsabilité, de gauche à droite.

Lors d'un point de presse destiné à aborder son programme national d'infrastructures, le bouillant chef d'État était visiblement agacé par les questions des journalistes sur les incidents de samedi.

M. Trump a affirmé qu'il y avait des éléments violents et perturbateurs « dans les deux camps ». Une déclaration similaire prononcée samedi, peu de temps après l'éclatement des violences, avait suscité des accusations de mollesse et de complaisance face aux groupes nationalistes, suprémacistes et néonazis.

Lundi, le président américain avait toutefois semblé mettre de l'eau dans son vin, en dénonçant les néonazis, les suprémacistes blancs et les membres du groupe raciste Ku Klux Klan comme étant « en contradiction avec tout ce qui fait de nous des Américains ».

« Ceux qui commettent des actes de violence au nom de la bigoterie s'attaquent au véritable coeur de l'Amérique », avait-il dit.

« La faute aux deux camps »

Si M. Trump a renouvelé cette condamnation des extrémistes, mardi, le ton était toutefois bien moins tranché. Le chef d'État s'est ainsi étonné que les militants d'« extrême gauche », « armés de bâtons et de masses », ne soient pas condamnés par les médias.

« Je suis certain qu'il y avait de très bonnes gens des deux côtés », a-t-il poursuivi, avant de souligner que les nationalistes rassemblés vendredi et samedi dans la petite ville de Virginie « voulaient protester calmement contre le retrait de la statue [du général confédéré] Robert E. Lee, très importante pour eux ».

« On veut retirer la statue de Lee. Va-t-on déboulonner celle de Washington? Celle de Jefferson? » a demandé le chef d'État.

Par ailleurs, aux yeux du président, les manifestants de droite disposaient d'un avantage sur les contre-protestataires : « Ces gens avaient un permis [de manifester]. Pas les autres! »

M. Trump a également estimé que la faute en revenait entre autres aux médias, qui, dit-il, n'ont pas rapporté les faits correctement dans cette affaire. « Vous racontez de fausses nouvelles », « vous n'avez pas fait votre travail », « si vous aviez ouvert les yeux »... Autant d'accusations lancées au visage des journalistes que le président a déjà qualifiés d'« ennemis du peuple américain ».

« Avoir tous les faits »

Pourquoi ce revirement dans les déclarations présidentielles? « Je voulais attendre d'avoir tous les faits », a lâché M. Trump. « Chose que les médias n'ont pas faite », a-t-il ajouté, provoquant des réactions de la presse.

Cette ambiguïté sur l'identité des responsables des violences et du décès survenus à Charlottesville a fait le bonheur de diverses personnalités de l'extrême droite, dont l'ancien dirigeant du KKK, David Duke.

Sur Twitter, M. Duke a félicité le président Trump pour sa condamnation des « terroristes gauchistes ».

Samedi, après le rassemblement de l'extrême droite, M. Duke déclarait déjà que l'événement de Charlottesville visait à « faire respecter les promesses de Donald Trump ».

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