Les tensions sont vives entre le gouvernement régional de Catalogne, animé par une volonté souverainiste, et l'État central espagnol, pour qui la partition est tout simplement impossible à envisager. Retour sur les événements qui ont marqué les dernières semaines, alors que s'est tenu un référendum qui avait pourtant été interdit par la Cour constitutionnelle du pays.

11 SEPTEMBRE

Des centaines de milliers de personnes manifestent à Barcelone pour revendiquer l'indépendance à l'occasion de la fête nationale de la Catalogne. Trois semaines avant la date prévue du référendum, le ton monte entre la Catalogne et Madrid, qui menace de faire dérailler la consultation déjà déclarée illégale.

16 SEPTEMBRE

Après la grande manifestation populaire, c'est au tour de la classe politique catalane de se faire entendre. Plus de 700 maires de la région se rassemblent à Barcelone et affirment leur intention de braver l'interdiction de tenir un référendum le 1er octobre.

Plus des deux tiers des 948 maires de la région ont été cités à comparaître par le procureur général de l'Espagne, après avoir proposé de prêter des locaux municipaux pour la tenue du vote. Sur le terrain, la police espagnole a déjà mis la main sur des tracts et d'autres fournitures électorales.

20 SEPTEMBRE

Coup de filet des autorités espagnoles contre le mouvement indépendantiste catalan : 14 responsables gouvernementaux sont arrêtés. La police effectue également des perquisitions à 42 endroits, dont 6 bureaux de l'exécutif catalan. Elle saisit 9,8 millions de bulletins de vote.

Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy est « antidémocratique » et « totalitaire », selon le président catalan Carles Puigdemont.

23 SEPTEMBRE

Le chef du gouvernement espagnol hausse le ton contre les indépendantistes. « Le plus judicieux, le plus raisonnable et le plus démocratique aujourd'hui serait d'arrêter », lance ainsi Mariano Rajoy. Parallèlement, Madrid annonce son intention d'employer les forces policières pour bloquer la tenue du référendum. Le ministère catalan de l'Intérieur désapprouve cette « ingérence de l'État ».

La Cour constitutionnelle a aussi condamné 24 présumés organisateurs du référendum à payer des amendes quotidiennes variant de 9000 à 17 000 $, « jusqu'à ce qu'ils respectent les résolutions » de la justice.

26 SEPTEMBRE

La justice catalane ordonne aux policiers de réquisitionner tous les bureaux de vote, en plus de menacer de condamner pour désobéissance, délit et détournement de fonds toute personne en possession de clés ou de codes d'entrée pour accéder à un bureau de vote.

Le même jour, le président américain Donald Trump se prononce contre le référendum d'indépendance catalan.

1ER OCTOBRE

C'est jour de référendum en Catalogne. À Barcelone et ailleurs dans la région, le vote se déroule dans un calme relatif. Des images commencent toutefois à circuler où l'on voit la police nationale espagnole faire violemment irruption dans certains bureaux de vote pour y saisir urnes et bulletins. Ces interventions policières, menées parfois à l'aide de matraques, font au moins une centaine de blessés.

En fin de soirée, le gouvernement catalan affirme que le « oui » l'emporte à 90 %.

2 OCTOBRE

Fort de sa victoire référendaire, Carles Puigdemont réclame un dialogue avec Madrid et presse l'Union européenne de « cesser de détourner le regard ». Les 5000 policiers déployés en renfort en Catalogne resteront sur place aussi longtemps que nécessaire, statue Madrid.

4 OCTOBRE

La Commission européenne appelle au « dialogue » entre Barcelone et Madrid, le tout « dans le respect de la Constitution espagnole ». On y justifie également « l'usage proportionné de la force », une expression déjà employée par l'État espagnol.

La même journée, Madrid refuse la demande de dialogue présentée par Carles Puigdemont. Pour Mariano Rajoy, le président catalan doit d'abord « se remettre dans le chemin de la loi, qu'il n'aurait jamais dû quitter ».

5 OCTOBRE

Plusieurs entreprises de la Catalogne craignent les conséquences économiques d'une déclaration d'indépendance unilatérale. Deux importantes banques catalanes annoncent ainsi que leur siège social sera déménagé à l'extérieur de la région. Bruxelles martèle le même jour qu'une Catalogne indépendante ne serait pas automatiquement acceptée au sein de l'Union européenne.

7 et 8 OCTOBRE

Alors que le Parlement catalan pourrait évoquer une déclaration d'indépendance mardi, des milliers d'Espagnols partisans de l'unité nationale se rassemblent d'abord à Madrid, samedi, puis à Barcelone, dimanche. On assiste d'ailleurs à une « marée humaine » anti-indépendance dans la capitale catalane, où au moins 350 000 personnes défilent.

10 OCTOBRE

Dans un discours très attendu par des milliers d’indépendantistes, qui se sont massés par milliers devant le Parlement de Barcelone dans l’espoir de voir Carles Puigdemont déclarer l’indépendance, le président catalan demande de suspendre la déclaration d’indépendance de la Catalogne.

Cette manœuvre se veut une ultime tentative de relancer le dialogue avec Madrid afin de pouvoir négocier les termes de la sécession. Au terme de son allocution, le président catalan déclare donc l’indépendance… symboliquement.

11 OCTOBRE

Le président espagnol Mariano Rajoy refuse la médiation et lance un ultimatum de cinq jours au président séparatiste pour qu’il clarifie sa position : a-t-il, oui ou non, déclaré l’indépendance?Si Carles Puigdemont répond par l’affirmative, le gouvernement central lui laissera jusqu’au 19 octobre pour faire marche arrière, avant d’invoquer l’article 155 qui lui permet de suspendre l’autonomie de la Catalogne et de l’administrer directement.

12 OCTOBRE

C’est jour de fête nationale en Espagne alors que l’unité du pays est plus chancelante que jamais et que la réponse de Carles Puigdemont se fait toujours attendre.

Des milliers de personnes défilent dans les rues de Barcelone pour célébrer, mais aussi pour manifester contre le mouvement indépendantiste. Le cœur n’est pas à la fête et les slogans sont hostiles à l’endroit du gouvernement. Une bagarre éclate et des militants d’extrême droite brûlent des drapeaux séparatistes catalans.

14 OCTOBRE

Le dialogue avec Madrid doit porter uniquement sur l'indépendance, déclare le vice-président du gouvernement catalan, Oriol Junqueras, au moment où Carles Puigdemont dispose encore d'un peu de temps pour clarifier, à la demande de l'État espagnol, sa position sur le projet d'indépendance.

Sans donner de précisions sur les intentions de son supérieur, M. Junqueras indique clairement que l'indépendance reste, pour lui, la seule et unique option envisageable.

15 OCTOBRE

Carles Puigdemont lance un appel au calme à la veille de l'expiration de l'ultimatum que lui a lancé le gouvernement espagnol pour clarifier s'il a oui ou non déclaré l'indépendance de la Catalogne.

« Le gouvernement [catalan] et moi-même voulons redire notre attachement à la paix, à la civilité et à la sérénité, et aussi à [...] la démocratie qui inspirent les décisions que nous devons prendre », a-t-il déclaré pendant une cérémonie dans le cimetière de Montjuic.

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