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Clinton devance Trump par plus de 2 millions de voix, le Parti vert veut un recomptage

Quinze jours après un scrutin qui a déjoué les pronostics, la candidate défaite Hillary Clinton continue d'accroître son avance sur le président désigné des États-Unis, Donald Trump, le devançant par plus de 2 millions de voix. Invoquant des anomalies, des experts en sécurité informatique incitent la candidate démocrate à réclamer un recomptage dans trois États-clés. Leur appel a été entendu par le Parti vert, qui a lancé une campagne de financement.

La candidate démocrate a jusqu'ici recueilli 64 227 373 voix à l'échelle nationale contre 62 212 752 pour son adversaire, selon les plus récentes données officielles compilées par l'organisation non partisane d'analyse Cook Political Report.

Même si elle mène au chapitre du vote populaire, cela ne change rien à l'issue de l'élection présidentielle, Donald Trump conservant une avance insurmontable au Collège électoral, avec 290 grands électeurs contre 232.

Ironiquement, la première femme candidate d'un des grands partis a recueilli plus de voix que chacun des candidats blancs, défaits et élus, de l'histoire des États-Unis. Seul Barack Obama, le premier président noir, a obtenu plus de votes.

Si le dépouillement des voix se poursuit, plusieurs jours après le 8 novembre, c'est notamment à cause des votes par correspondance et des bulletins provisoires, selon le Los Angeles Times. Dans le cas des bulletins provisoires, il faut vérifier le droit de vote des électeurs pour déterminer s'ils seront comptabilisés.

Hillary Clinton devrait encore creuser l'écart d'ici les prochaines semaines, en grande partie parce qu'il reste quelque 2 millions de voix à compter en Californie, explique la radio publique NPR, et cette avance pourrait grimper à 2,5 millions de voix.

C'est la deuxième fois en 16 ans que le gagnant du vote populaire voit la présidence lui échapper - les deux fois, les deux candidats malheureux ont été démocrates. Al Gore avait dû s'incliner devant le républicain George W. Bush en 2000 à l'issue d'une saga politico-judiciaire de plusieurs semaines. L'écart se limitait cependant à quelque 545 000 voix, soit 0,5 % des votes.

C'est la cinquième fois de l'histoire américaine qu'un tel scénario se produit.

Des informaticiens pressent Clinton d’exiger un recomptage dans trois États-clés

Au moins deux groupes d’informaticiens ont levé le drapeau rouge devant des anomalies qu’ils disent avoir constatées.

Un premier groupe d'analystes, mené par le fondateur du National Voting Rights Institute, John Bonifaz, et le directeur du Center for Computer Security and Society de l'Université du Michigan, Alex Halderman, a contacté la campagne d'Hillary Clinton après avoir noté que la candidate avait moins bien fait dans les comtés de trois États-clés utilisant le vote électronique que dans ceux dont le vote se fait sur papier ou par scanner optique.

Le Wisconsin et la Pennsylvanie, respectivement remportés par Trump avec une marge de 0,8 % et 1,2 %, ainsi que le Michigan, où les résultats sont encore trop serrés pour déterminer un gagnant, cumulent 42 grands électeurs. Au Wisconsin, par exemple, la différence selon le type de vote serait d'environ 7 %.

Sur son blogue, le professeur Halderman précise que la disparité entre les sondages et les résultats électoraux ne sont « probablement pas » dûs à une cyberattaque. Il estime cependant un recomptage souhaitable, invoquant le piratage des courriels du Comité national démocrate, puis ceux du directeur de la campagne Clinton, John Podesta, cet été, et enfin les attaques ou tentatives d'attaques ciblant les systèmes électoraux de certains États américains, tous attribués à la Russie par les services de renseignement américains.

La seule façon de savoir si une cyberattaque a influencé le résultat est d'examiner de près les preuves physiques disponibles - les bulletins de vote de papier et le matériel de vote dans des États critiques comme le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Alex Halderman, directeur du Center for Computer Security and Society de l'Université du Michigan

« Malheureusement, personne n'examinera jamais cette preuve, à moins que les candidats dans ces États agissent maintenant, dans les prochains jours, pour présenter une demande de recomptage », plaide-t-il.

Le temps presse, puisque la date limite pour le dépôt d'une demande de recomptage est vendredi, dans le cas du Wisconsin, lundi prochain, dans celui de la Pennsylvanie et le 30 novembre, dans celui du Michigan.

Plusieur analystes ont contesté l'hypothèse soulevée, expliquant par exemple les disparités par la démographie des comtés en question.

Un deuxième groupe, dont fait état le Guardian, inclurait Dre Barbara Simons, une experte en vote électronique qui agit comme conseillère pour l'agence d'assistance électorale du gouvernement américain.

Selon le quotidien britannique, qui s'appuie sur deux sources près du dossier, les experts entendent détailler leurs inquiétudes dans un rapport présenté aux présidents de commissions du Congrès et aux autorités fédérales.

Un appel entendu par Jill Stein

Si l'équipe d'Hillary Clinton semble peu intéressée à contester les résultats électoraux, selon le magazine New York, le Parti vert, lui, a affiché un vif intérêt.

La campagne de Jill Stein, qui a recueilli environ 1 % des voix, a lancé un site web pour financer une demande de recomptage dans les trois États susceptibles d'être litigieux.

Cet effort visant à assurer l'intégrité de l'élection est entre vos mains!

Site web du Parti vert

L'objectif de la campagne de financement est d'amasser 2,5 millions de dollars d'ici vendredi.

Vers 20 h30, heure normale de l'Est, le site revendiquait des dons dépassant un million de dollars.

Plus de 4,6 millions d'Américains ont signé une pétition sur le site Change.org, interpellant les grands électeurs pour qu'ils choisissent Hillary Clinton, une hypothèse cependant très peu plausible. Des médias américains ont rapporté qu'au moins six membres du Collège électoral entendaient « voter contre Donald Trump », mais une « rébellion » à grande échelle est à toutes fins pratiques impossible.

Plusieurs ont appelé à l'abolition du système des grands électeurs, une éventualité qui n'est pas près d'arriver.

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