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Colombie : la droite favorite pour les premières élections en temps de paix

Les bureaux de vote sont ouverts en Colombie pour la première élection présidentielle depuis l'accord de paix signé en novembre 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Les 36 millions de Colombiens sont appelés à choisir leur nouveau dirigeant parmi 5 candidats.

L’enjeu majeur du vote a changé en Colombie. Auparavant, le conflit entre l’État et les FARC phagocytait les autres problèmes de la société colombienne, mais cette guerre est terminée.

Les questions qui ont polarisé la campagne en Colombie sont la corruption, les inégalités, les meurtres et les relations avec le Vénézuela, le voisin en proie à une crise profonde.

Deux candidats ont pris les devants dans les sondages. Ils présentent des solutions radicalement différentes pour le pays.

Ivan Duque est en tête avec 41 % des intentions de vote. Le conservateur, ancien sénateur, critique avec virulence l’accord de paix entre l’état et les FARC. Il se veut le successeur d’Alvaro Uribe, ancien président colombien, de 2003 à 2010. Ses opposants l’accusent d’être « la marionnette » d’Uribe.

Gustavo Petro est le concurrent le plus sérieux à Ivan Duque, mais est loin derrière dans les sondages, avec 12 points de moins.

Ancien guérillero et ex-maire de Bogota, son programme et son admiration pour Hugo Chavez font peur à une partie de la population colombienne. Il mise sur l’émancipation économique de la Colombie de sa dépendance au pétrole. Il compte mettre l’accent sur le domaine agricole par le biais d’une réforme agraire et a la cote auprès de la jeunesse colombienne.

C'est la première fois qu'un candidat de gauche a ses chances dans une élection au pays.

Pour le président du Dialogue Inter-Américain Michael Shifter, si Duque gagne, il pourrait combler les divisions qui existent dans la société colombienne. « Mais la grande inconnue demeure le rôle qu’aura Alvaro Uribe », ajoute-t-il. Car l’ancien président, même s’il reste très populaire auprès des Colombiens, a commis de graves violations des droits de l’homme durant ses mandats.

Selon Hollman Morris, un journaliste colombien qui soutient la campagne de Gustavo Petro, le moment peut être opportun pour le candidat, car les électeurs colombiens n’ont plus peur de la gauche.Les sondages colombiens n’étant pas réputés pour leur fiabilité, la possibilité de voir l’ancien maire de Medellín Sergio Fajardo et l’ancien vice-président German Vargas Llera s’inviter aux premières places n’est pas impossible. Le premier a transformé Medellín, la faisant passer d’une ville au taux de crime élevé à une destination touristique enviée. Le second s’est engagé à créer un million de nouveaux emplois.

Si aucun candidat n'obtient 50 % des voix, un deuxième tour se déroulera le 17 juin prochain.

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