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Colombie : le chef des FARC juge positif le rejet de l'accord de paix

Le commandant en chef de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) estime que le rejet par référendum de l'accord de paix est somme toute une bonne chose, puisqu'il permettra d'informer davantage la population et d'impliquer les nombreux abstentionnistes.

« C'est même bien que ce soit arrivé, car cela permet de dissiper de nombreux doutes et amène de surcroît cet important secteur du peuple colombien qui n'a pas voté, plus de 63 %, à s'intéresser à ce fait historique », a déclaré mercredi Rodrigo Londono, alias Timochenko, à radio Caracol.

Lors du référendum du 2 octobre sur l'accord de paix historique entre le gouvernement colombien et les rebelles des FARC, le « non » l'a emporté à la surprise générale à 50,2 %.

Timochenko et le président Juan Manuel Santos avaient signé le 26 septembre un accord final de paix dans le but de clore plus d'un demi-siècle de conflit armé.

Le chef de la guérilla marxiste a estimé que ce résultat au référendum « permet de corriger ce que nous n'avons pas fait lors de la conclusion des accords, c'est-à-dire une pédagogie massive, claire » pour expliquer leur contenu.

En dépit du résultat du référendum, la guérilla et le gouvernement ont convenu de maintenir le cessez-le-feu bilatéral en vigueur depuis le 29 août, et d'écouter les objections de l'opposition.

« La délégation du gouvernement, la délégation des FARC, avec leurs conseillers, travaillent consciencieusement pour trouver des solutions, et je pense que très, très bientôt, il y aura des nouvelles », a-t-il ajouté.

Nouvelle phase de dialogue

La route menant à une nouvelle entente demeure toutefois semée d'embûches.

L'accord prévoyait la démobilisation des FARC et leur transformation en parti politique. En retour, les rebelles acceptaient de déposer les armes.

L'accord prévoyait également que les FARC pourraient présenter un candidat aux élections présidentielles et législatives de 2018, et qu'elles seraient assurées de disposer de 10 sièges de parlementaires non élus.

Les opposants à l'accord jugent le texte trop favorable aux rebelles. Les partisans du « non » dénoncent notamment l' « impunité totale » dont bénéficieraient, selon eux, les guérilleros coupables des crimes les plus graves.

Concernant la possibilité que les FARC acceptent des changements sur les points concernant la justice transitoire et la participation politique des guérilleros démobilisés, Timochenko a estimé que « ce serait intempestif de relancer une discussion qui nous a pris plus d'un an et demi et a été l'une des plus dures et difficiles ».

Manifestations en appui à l'accord de paix

Pendant ce temps, des milliers de Colombiens sont descendus dans les rues à travers le pays, mercredi, implorant qu'on ne fasse pas échouer l'accord de paix. Il s'agit de la deuxième manifestation cette semaine en soutien à l'accord.

À Bogota, les victimes du conflit qui s'est étiré pendant plusieurs décennies arboraient des souvenirs de leurs proches décédés. Ils ont été accueillis par des sympathisants avec des fleurs blanches symbolisant la paix.

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