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Comme son frère, l'ex-PM thaïlandaise Yingluck Shinawatra choisit l'exil

L'ex-première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a vraisemblablement fui son pays, vendredi, tout juste avant que la Cour suprême ne rende son verdict dans un procès pour négligence qui lui a été intenté dans la foulée de sa destitution, en mai 2014.

La sœur de l’ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, lui-même exilé à Dubaï après avoir été dégommé par l’armée puis accusé de corruption, était jugée en lien avec la gestion d’un programme de subvention aux producteurs de riz du pays, qui s’est avéré désastreux.

Elle ne s’est cependant pas présentée pour le prononcé du verdict vendredi. Son avocat a informé le tribunal qu’elle avait mal aux oreilles, mais le juge en chef n’a pas caché qu’il n’en croyait rien. Il a lancé un mandat d’arrêt contre elle et a reporté le verdict au 27 septembre.

Le départ de Yingluck Shinawatra constitue le plus récent rebondissement dans un conflit qui oppose d’une part les populations rurales et pauvres du pays, fidèles au Puea Thaï de la famille Shinawatra, et d’autre part les monarchistes, les militaires et les classes moyennes des villes.

Ces deux clans s’affrontent depuis que Thaksin Shinawatra a été évincé du pouvoir par l’armée en 2006, les partisans de l’ex-premier ministre s’identifiant par des chemises rouges, ses opposants, par des chemises jaunes, couleur de la monarchie.

Yingluck Shinwatra avait remporté une victoire décisive lors des législatives de juillet 2011, les dernières à avoir été organisées dans le pays.

Elle a été destituée par la Cour constitutionnelle du pays, qui l'a reconnue coupable d'abus de pouvoir, le 7 mai 2014.

Dans les jours qui ont suivi, le chef de l'armée thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, a imposé la loi martiale dans le pays, puis a pris le contrôle du gouvernement. Il le dirige encore aujourd'hui.

Le rôle de l'armée dans les affaires de l'État n'est pas près de diminuer, les Thaïlandais ayant approuvé par référendum l'an dernier une nouvelle Constitution qui permettra à l'armée de contrôler les futurs gouvernements.

Depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle en 1932, la Thaïlande a été secouée par près d'une vingtaine de coups d'État.

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