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Comment parler des attentats de Paris aux enfants?

« Est-ce que nous aussi, on est en danger? », « Pourquoi ils ont fait ça? », « Est-ce que les terroristes peuvent venir dans notre maison ? » : face à l'horreur des attentats de Paris, que peut-on répondre aux questions des enfants?

1. Ne pas les surexposer à des images anxiogènes

Il faut éviter d'exposer inutilement les enfants à des images qui pourraient les angoisser. Regarder la télévision ou écouter la radio en boucle peut créer un climat d'inquiétude à la maison, explique la Dre Anne-Marie Bureau, du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau. Elle suggère plutôt d'éteindre la télévision si les enfants sont présents et de ne l'allumer que lorsqu'ils seront couchés.

2. Les rassurer

« Les parents, souvent, veulent parler, dire le mot magique, la parole rassurante, soutient Pascale Brillon, psychologue et directrice de l'Institut Alpha. Ils oublient de demander aux enfants : "Qu'est-ce que tu sais et de quoi tu as peur? Comment te sens-tu par rapport à ça?" »

Avec un jeune enfant, il faut privilégier le contact corporel. Insister sur le fait que ces attentats se sont déroulés loin d'ici et que nous sommes là pour les rassurer.

3. Donner les faits

ll faut trouver les mots justes, selon l'âge de l'enfant, pour expliquer clairement le caractère exceptionnel de l'événement et le circonscrire.

On peut leur dire ensuite que nous ne sommes pas impuissants face au terrorisme. D'une part, les policiers prennent des moyens pour le combattre, en renforçant les mesures de sécurité. D'autre part, il y a des rassemblements de solidarité et une mobilisation populaire pour s'opposer à la violence.

4. Gérer nos propres émotions

Les enfants sont très réceptifs à l'émotion des parents. Il faut donc être vigilants quant à la manière dont on leur présente l'information. On doit gérer notre propre angoisse pour ne pas la leur transmettre.

« Ce qui est plus traumatisant pour eux ce n'est pas ce qui se passe, c'est de voir que papa ou maman ont peur, explique Pascale Brillon. Si eux, qui n'ont peur de rien, ont peur cette fois, il faut que ce soit très gros et très grave. »

5. Leur dire la vérité

En aucun cas, il ne faut mentir aux enfants. Tenter de leur cacher les choses pour les protéger risque au contraire de créer de l'angoisse.

Pascale Brillon pense qu'il faut également s'assurer dans les jours qui suivent que les enfants n'ont pas de nouvelles peurs et qu'ils ne font pas de cauchemars. Elle suggère de leur proposer de faire de la relaxation et de la méditation.

Quels mots utiliser selon l'âge?

  • Avec les jeunes enfants, il n'est pas nécessaire de rentrer dans les détails. On les rassure et on leur explique que les policiers et les parents sont là pour les protéger.
  • Avec les enfants plus grands, on écoute leurs questions et leurs inquiétudes et on tente de leur donner des réponses concrètes. On leur demande ce qu'ils en pensent, en les reconnaissant comme interlocuteurs.
  • Les adolescents sont plus exposés à toutes sortes d'images et de commentaires, notamment à travers les réseaux sociaux. Raison de plus pour être présents et à l'écoute. C'est l'occasion d'aborder avec eux des questions plus profondes, comme le terrorisme, la guerre, la tolérance. On peut aussi chercher les réponses ensemble, en reconnaissant qu'on n'a pas toutes les réponses.

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