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Commerce : Washington menace d'un côté, discute de l'autre

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui se profile à l'horizon constituerait une véritable menace à l'ordre économique instauré après la Deuxième Guerre mondiale, estime Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères. Paradoxalement, le ton semble moins belliqueux à la table de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

C'est dans un contexte de tensions sans précédent entre Pékin et Washington, chacun brandissant l’arme des tarifs douaniers, que la ministre Freeland se rendra à Washington jeudi. Elle y rencontrera le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, dans le cadre de la renégociation de l'ALENA.

Le négociateur en chef du Québec pour l’ALENA, Raymond Bachand, identifie au moins deux facteurs qui pourraient expliquer le comportement actuel de l'administration américaine.

« [Premièrement], ils sont en train de tourner tous leurs canons vers la Chine et ils ont besoin de stabilité économique », a-t-il expliqué mercredi en entrevue à l'émission Midi info. « Deuxièmement, pour les agriculteurs américains, le Mexique, c’est le client numéro un au monde. Et ça, c’est un territoire républicain. »

Pour M. Bachand, les Américains, et particulièrement les républicains qui contrôlent le Congrès, ne veulent pas « aborder la saison des primaires et des élections de mi-mandat, dans les six prochains mois, avec une incertitude économique majeure pour leurs agriculteurs ».

Un accord de principe est-il possible?

« [Une entente de principe], c’est ce que Robert Lighthizer suggère, mais le point numéro un pour les Américains est l’automobile », insiste Raymond Bachand. « Tous les efforts sont mis de ce côté-là. Par la suite, oui, il pourrait y avoir un accord de principe. »

M. Bachand estime que « les négociations de l’ALENA progressent; il y a une volonté américaine de bouger; il y a une volonté mexicaine de régler ça aussi rapidement avant leur présidentielle ».

Les Mexicains feront peut-être des concessions, « ce qui ne sera pas nécessairement le cas du Canada ». « Il faut que les États-Unis retirent un certain nombre de leurs demandes », ajoute M. Bachand, qui promet « du mouvement dans les prochaines semaines ».

Concernant la question de la gestion de l’offre dans le secteur agricole, le négociateur en chef du Québec croit que cela ne constituerait pas un problème majeur pour le reste des dossiers à négocier.

Tout en soulignant qu’il y a une volonté américaine de régler rapidement ce qui est présenté comme un facteur nouveau, M. Bachand se garde de se montrer trop optimiste. « C’est une administration très imprévisible », rappelle-t-il.

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