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Conférence pour la paix au Proche-Orient sur fond d'inconnue américaine

Quelque 70 pays et organisations internationales sont réunis ce dimanche à Paris pour tenter de raviver le processus de paix israélo-palestinien et réaffirmer leur attachement à la solution à deux Etats, à cinq jours de l'arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump dont l'investiture s'accompagne d'incertitudes sur la position américaine dans ce dossier.

« La solution des deux États, celle sur laquelle la communauté internationale s'était retrouvée depuis plusieurs années, apparaît menacée », a souligné François Hollande en début d'après-midi (heure locale), avant la reprise des échanges entre les différentes délégations.

« Elle l'est physiquement, sur le terrain, par l'accélération de la colonisation, elle l'est politiquement par l'affaiblissement progressif du camp de la paix, elle l'est moralement par la méfiance qui s'accumule entre les parties et bien sûr qu'exploitent les extrémistes », a ajouté le chef de l'État français.

Voulue par Paris, la « conférence sur la paix au Proche Orient », à laquelle participent plusieurs dizaines de pays arabes, européens et membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, devait initialement être suivie d'un compte rendu aux deux parties par le chef de l'État français, François Hollande.

Elle se tiendra finalement en l'absence du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, après le refus de l'État hébreu de participer à ce qu'il a qualifié de « conférence truquée ».

Le président palestinien, qui avait accepté le format proposé par la France, ne sera reçu que dans un cadre bilatéral à Paris « dans les prochaines semaines » par François Hollande, selon l'Élysée.

Près de trois ans après la suspension, en avril 2014, des dernières négociations de paix directes menées sous l'égide des États-Unis, « comment penser que le Moyen-Orient pourra retrouver sa stabilité si on ne traite pas le plus ancien de ces conflits? » a souligné François Hollande.

« Car il continue de servir de prétexte aux criminels qui enrôlent des esprits égarés », a-t-il ajouté. « Voilà pourquoi le monde ne peut pas, ne doit pas se résigner au statu quo, votre présence aujourd'hui est la preuve que nous ne renonçons à rien et que nous voulons avancer », a-t-il ajouté.

Relégué au second plan compte tenu de la guerre en Syrie et de la lutte contre l'État islamique, le conflit israélo-palestinien est revenu sur le devant de la scène le 23 décembre avec l'adoption d'une résolution au conseil de sécurité de l'ONU condamnant la colonisation israélienne des territoires palestiniens.

Inconnue américaine

Le vote du texte, permis par l'abstention américaine, a suscité l'ire de Benyamin Nétanyahou qui mise sur l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le 20 janvier prochain, pour tourner la page de huit ans de relations tendues avec Barack Obama.

L'homme d'affaires républicain et furur président américain a nommé comme ambassadeur en Israël David Friedman, un avocat qui a participé à des levées de fonds pour soutenir les colonies israéliennes et annoncé son intention de déplacer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Dans une interview accordée au Figaro publiée vendredi, Mahmoud Abbas annonce avoir écrit à Donald Trump pour le convaincre de renoncer à ce projet qui, selon lui, « réduirait à néant » la solution à deux États et le prévenir que les Palestiniens pourraient revenir sur la reconnaissance de l'État d'Israël.

Ce transfert serait une provocation et serait « lourd de conséquences », a estimé pour sa part Jean-Marc Ayrault dimanche sur France 3.

Face à l'hostilité israélienne à toute initiative multilatérale, la France a assuré ces derniers jours que la conférence n'avait pas pour vocation d'imposer la paix et réaffirmé que seules des négociations bilatérales permettraient de trouver une issue au conflit.

Un projet de déclaration finale, vu par Reuters, réaffirme les résolutions internationales existantes, exhorte les deux parties à réaffirmer leur engagement en faveur de la solution à deux États et à « s'abstenir de toute mesure unilatérale qui préjugerait du résultat des négociations sur le statut final ».

Le texte ne devrait faire aucune référence explicite à Donald Trump ou au transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, mais les négociations sont toujours en cours entre diplomates pour voir jusqu'où ils peuvent aller, selon plusieurs sources diplomatiques.

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