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Craignant des problèmes à la frontière, des écoles d'Ottawa annulent des voyages aux États-Unis

Le Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton (OCDSB) n'organisera pas de nouveaux voyages scolaires aux États-Unis, et ce, jusqu'à nouvel ordre, craignant que les élèves ayant un passeport d'un des pays visés par le décret anti-immigration du président Donald Trump ne soient pas les bienvenus.

« Nous avons demandé aux directeurs de suspendre leurs nouveaux plans pour les États-Unis », a expliqué la directrice adjointe du OCDSB, Norah Marsh.

En revanche, pour ce qui est des neuf voyages qui ont déjà été planifiés aux États-Unis, il n'y aura pas de changement si les parents sont toujours d'accord pour que leurs enfants s'y rendent.

« Notre priorité est la sécurité et le bien-être des élèves », a assuré le porte-parole du conseil scolaire, Scott Scantlebury.

Des élèves de 14 à 18 ans vont participer à ces voyages dont l'objectif est de découvrir l'histoire du pays, mais aussi de visiter les musées.

S'il y a un inconfort et que nous n'avons pas le nombre de participants nécessaires pour le voyage, nous allons l'annuler.

Shirley Seward, présidente du Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton

Le décret sur l'immigration du président Trump interdisait pour 90 jours l'entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane : Libye, Somalie, Iran, Irak, Syrie, Yémen et Soudan. Ce décret a été suspendu par les tribunaux, mais M. Trump envisage de signer un nouveau décret.

Réactions partagées des parents

Les avis des parents sont partagés concernant la décision du Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton.

« Je pense que dans ces circonstances, c'est probablement une bonne idée. [...] Ce serait vraiment embarrassant si certains enfants étaient retenus et questionnés aux douanes, juste à cause de leur apparence », a souligné Christine Thomson, mère d'un élève en primaire. « Je pense que c'est une bonne décision. »

« Je peux comprendre la décision du conseil », a expliqué Lou Hood, dont la fille va aller à Cleveland le mois prochain. La mère de famille a aussi pris le temps d'expliquer à sa fille les inquiétudes qu'elle a par rapport au décret sur l'immigration.

« Je ne dirais pas que c'est une bonne chose ou une mauvaise chose, je suis une ancienne enseignante et j'ai organisé quelques voyages et les enfants tirent beaucoup de profit de ces expériences », a pour sa part réagi Heather Buchanan, mère d'une élève de 12e année.

D'autres responsables scolaires en réflexion

D'autres conseils scolaires continuent de surveiller de près la situation, sans toutefois changer leurs plans pour l'instant.

Surintendant de l'éducation au Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario, Matthieu Vachon veut effectuer des vérifications préalables pour les prochains voyages.

Le surintendant de l'éducation au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, Jean-François Bard, dit se garder un peu de temps, quitte « à changer peut-être les destinations ».

Avec les informations de la journaliste Estelle Côté-Sroka

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