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Crimée : Moscou dit ne pas vouloir « céder à l'émotion »

La Russie promet de faire preuve de retenue, après un regain de tensions avec Kiev au sujet de la Crimée, tout en avisant l'Ukraine qu'elle prendra les moyens nécessaires pour y repousser toute incursion.

« Pour le moment, l'essentiel est de ne pas céder à l'émotion ou aux scénarios extrêmes, d'agir avec retenue et de se concentrer sur une stabilisation de la situation », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lundi, à l'occasion d'une conférence tenue en compagnie de son vis-à-vis allemand Frank-Walter Steinmeier devant des étudiants de l'Université d'Iekaterinbourg, en Russie.

M. Steinmeier a réaffirmé la nécessité de s'en tenir aux accords de Minsk entre la Russie et l'Ukraine. M. Lavrov a promis que la Russie respecterait ses engagements.

Négociés en février 2015 par l'Allemagne et la France, les accords de Minsk, qui visent à régler le conflit en Ukraine, mettent en oeuvre un cessez-le-feu et un retrait des armes lourdes sur le terrain et comportent aussi un processus politique censé tourner la page sur le conflit entre les séparatistes prorusses de l'Est et le pouvoir central de Kiev.

Incursions armées

La Russie a affirmé mercredi dernier qu'elle avait repoussé deux incursions armées ukrainiennes en Crimée, annexée par la Russie en mars 2014.

Selon le président Vladimir Poutine, l'Ukraine cherche à provoquer un nouveau conflit et à déstabiliser le territoire.

Les autorités ukrainiennes ont démenti ces accusations, le président Petro Porochenko dénonçant des allégations « ridicules et cyniques », qu'il a qualifiées de « fantasmes » servant de prétexte à de nouvelles menaces militaires contre son pays.

Le premier ministre russe Dimitri Medvedev a indiqué vendredi que la Russie serait contrainte de rompre ses relations diplomatiques avec l'Ukraine si la crise venait à s'aggraver.

Concernant les accusations de tentative de sabotage en Crimée, M. Lavrov a affirmé lundi disposer de « preuves irréfutables » montrant qu'il s'agissait d'une opération « planifiée depuis longtemps par le renseignement militaire ukrainien afin de déstabiliser la Russie en Crimée ».

« Nous sommes prêts à présenter de nouveaux éléments à nos partenaires occidentaux », a-t-il poursuivi.

Vladimir Poutine a estimé que les nouvelles discussions qui auraient pu se tenir en marge du sommet du G20 le mois prochain en Chine n'étaient pas nécessaires, laissant supposer que Moscou était prêt à abandonner le processus de paix.

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