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Crise des réfugiés : la Turquie presse l'Europe de prendre ses responsabilités

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a proposé à l'Union européenne (UE) de créer dans le nord de la Syrie une zone protégée par une exclusion aérienne, dans le but de mettre un terme aux bombardements contre les populations civiles et de limiter ainsi leur exode vers la Turquie voisine, puis vers l'Europe.

« La cause fondamentale de la crise actuelle des réfugiés, c'est la guerre en Syrie », a-t-il déclaré, de passage à Bruxelles lundi pour discuter avec les membres de la Commission européenne.

Après avoir critiqué, la veille, l'attitude de l'Europe par rapport aux réfugiés, le président Erdogan a rappelé que la Turquie accueille 2,2 millions de réfugiés, alors que l'Europe dans son ensemble en accueille au total moins de 250 000.

Malgré ses critiques, Erdogan aurait tout de même accepté pour la première fois de discuter d'une éventuelle augmentation du nombre de camps de réfugiés installés en Turquie, selon des diplomates européens. En échange, Ankara pourrait obtenir une accélération des discussions sur la possibilité pour les citoyens turcs de se passer de visa pour voyager en Europe.

L'UE a aussi promis le mois dernier une somme d'au moins un milliard et demi de dollars pour aider la Turquie, mais aussi la Jordanie, le Liban et d'autres pays, à financer l'accueil des réfugiés syriens.

Mais la semaine dernière, le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, avait rejeté ces fonds européens, soulignant que son pays n'était pas disposé à devenir un « camp de concentration » pour réfugiés.

Incursion russe en Turquie

Pays voisin de la Syrie, la Turquie doit également composer avec des tensions supplémentaires depuis que la Russie a décidé de s'impliquer ouvertement dans le conflit syrien la semaine dernière.

Le ministère turc des Affaires étrangères a dénoncé le fait qu'un avion russe a violé l'espace aérien turc samedi près de la province d'Hatay, frontalière de la Syrie, ce qui a conduit l'armée turque à faire décoller deux chasseurs F-16 pour l'intercepter.

Cette incursion en territoire turc a été reconnue par le ministère russe de la Défense, qui affirme qu'elle aurait duré « quelques secondes ».

Selon les Russes, un autre incident se serait également produit dimanche, lorsqu'un Mig-29, un appareil utilisé par les armées russe et syrienne, a verrouillé son radar de tir sur deux F-16 turcs qui patrouillaient le long de la frontière.

La Turquie a demandé à la Russie de s'abstenir de réitérer ce genre d'intrusion, sous peine d'être tenue pour « responsable de tout incident non désiré qui pourrait se produire ».

« Les mesures nécessaires seront prises contre quiconque viole les frontières de la Turquie, même si c'est un oiseau », a affirmé le premier ministre turc.

Ahmet Davutoglu a toutefois indiqué que la Russie avait affirmé que l'intrusion aérienne de samedi était une erreur et que « cela ne se reproduirait plus ».

Par ailleurs, l'OTAN et les États-Unis ont eux aussi condamné les violations de l'espace aérien turc. L'Alliance atlantique a également demandé à la Russie de cesser immédiatement ses raids contre l'opposition et les civils syriens et de se concentrer sur la lutte contre les djihadistes du groupe armé État islamique.

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