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Crise des Rohingyas : les États-Unis mettent de la pression sur le Myanmar

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, a suggéré jeudi que la vente d'armes au Myanmar soit suspendue jusqu'à ce que les militaires birmans mettent en place des mesures pour résoudre la crise humanitaire qui se joue actuellement dans cette partie du monde.

À la même occasion, le secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres, a exhorté le pays à cesser toutes opérations militaires envers ses citoyens musulmans.

Il a aussi réclamé de nouveau un accès illimité au Myanmar pour tous les groupes humanitaires, ainsi que l’assurance que tous les Rohingyas réfugiés au Bangladesh, 500 000 depuis le mois d’août, pour un total de 700 000 depuis le début de la répression, seront autorisés à retourner chez eux.

M. Guterres a également indiqué que selon les autorités du Myanmar elles-mêmes, 176 des 471 villages musulmans de l'État de Rakhine, dans l’ouest du Myanmar, où se concentre la majorité des populations rohingyas, « ont été totalement abandonnés ».

Ces demandes font écho à celles de nombreux groupes humanitaires, qui demandent la levée des restrictions qui leur sont imposées pour venir en aide aux civils et en particulier aux populations déplacées, dont les maisons ont été rasées.

Opérations militaires brutales

Selon de nombreux témoignages de réfugiés qui ont fui le Bangladesh, l’armée brûlerait systématiquement les villages des Rohingyas, jetés sur les routes, en plus d’avoir miné la frontière avec le Bangladesh pour éviter leur retour en sol birman.

En août, l’armée birmane a lancé une vaste opération de répression dans la région à la suite d’une série d’attaques menées contre des postes de police birmans par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA).

L’ONU, tout comme de nombreux gouvernements étrangers, a déjà qualifié cette opération de « nettoyage ethnique ». Le président français, Emmanuel Macron, avait même évoqué « un génocide » à l’Assemblée générale des Nations unies.

Le Myanmar dénonce un « parti pris international » envers les Rohingyas

Mercredi, l’armée birmane a autorisé un groupe de journalistes à se rendre dans un village hindou, dans le secteur de Kha Maung Seik. Les autorités affirment avoir découvert des fosses communes où au moins 52 hindous, apparemment tués par des rebelles rohingyas, selon l’armée, ont été enterrés. Des accusations vivement démenties mercredi soir par l’ARSA.

Au Myanmar, le fait que des villages hindous et bouddhistes aient aussi été victimes de violences est largement mis en avant par les autorités qui dénoncent le parti pris prorohingyas de la communauté internationale.

Le Bangladesh à bout de souffle

Le gouvernement du Bangladesh, complètement débordé, tente de venir en aide aux Rohingyas comme il le peut, avec l’appui des grandes organisations humanitaires internationales. C’est difficile, car le Bangladesh est déjà considéré comme un pays très pauvre.

Aux prises avec une crise humanitaire majeure, la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a demandé jeudi dernier à la tribune des Nations unies le déploiement d’une mission de l'ONU au Myanmar et la création de zones sécuritaires dans le pays.

Très critiquée après des semaines de silence, la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, devenue l'an dernier la première dirigeante civile du pays après des décennies de junte militaire, a dénoncé la semaine dernière dans un discours les violations des droits de la personne et déploré les souffrances des populations civiles, tout en s'engageant à permettre le retour des réfugiés qui ont fui au Bangladesh.

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