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Crise du Golfe : Tillerson en mission délicate en Arabie saoudite

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson aura fort à faire pour convaincre mercredi l'Arabie saoudite et ses alliés de renoncer à leur boycottage du Qatar.

Son escale de la veille à Doha a été marquée par la conclusion d'un accord entre Washington et l'émirat pour empêcher le financement du terrorisme. Mais le texte a été jugé inadapté par les quatre pays arabes qui ont imposé le 5 juin des sanctions diplomatiques, politiques et commerciales au Qatar en l'accusant de soutenir le terrorisme international et de se rapprocher de l'Iran.

Le chef de la diplomatie américaine doit s'entretenir à Djeddah, en Arabie saoudite, avec ses homologues d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d'Égypte et de Bahreïn, quatre pays alliés à Washington, tout comme le Qatar.

Tout règlement de la crise devra prendre en compte les principales inquiétudes des quatre pays, a souligné un haut responsable des Émirats avant les discussions de Djeddah.

Riyad et ses alliés demandent à nouveau que le Qatar réponde à 13 exigences, parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazira, celle d'une base militaire turque dans l'émirat ou l'extradition de suspects qu'ils réclament.

L'ombre de l'Iran

Les États-Unis redoutent que la crise du Golfe ait un impact négatif sur leurs opérations militaires et antiterroristes dans la région, et qu'elle accroisse l'influence régionale de l'Iran, qui soutient le Qatar, en l'autorisant à utiliser les liaisons aériennes et maritimes qui traversent son territoire.

Le Qatar abrite la base aérienne d'Oudeïd, la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient, d'où partent les avions de la coalition formée pour lutter contre le groupe armé État islamique en Syrie et en Irak.

Certains médias du Golfe portent un regard sévère sur la venue de Rex Tillerson à Djeddah. « Ce qui complique la visite de mercredi, c'est que Tillerson, depuis le début de la crise, semble prendre parti pour les Qataris », peut-on lire dans un commentaire publié par les journaux panarabes Achark Al-Aoussat et Arab News, financés par des capitaux saoudiens.

« Tillerson ne pourra pas imposer la réconciliation, mais il pourrait réduire la distance entre les parties [...] plutôt que de prendre parti pour l'une contre l'autre », écrit l'éditorialiste Abdoulrahmane Al-Rached, ancien directeur général de la chaîne Arabiya.

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