Les Cubains se remettent lentement du choc de l'annonce de la mort de leur ancien président Fidel Castro et se préparent à plusieurs cérémonies d'hommage au cours des prochains jours.

La mort du père de la révolution cubaine, qui doit normalement être incinéré aujourd'hui, a provoqué un lourd silence partout dans le pays et même à La Havane, qui est normalement bruyante et agitée.

Samedi, de petits groupes discrets se sont toutefois formés un peu partout dans les rues, entre autres près des universités. Une veillée nocturne devant l'Université de La Havane, où Fidel Castro a commencé à faire de la politique vers la fin des années 1940, a attiré quelques centaines d'étudiants. Ils ont déployé des banderoles en proclamant leur attachement au père de la révolution cubaine.

« Fidel n'est pas mort, car le peuple est Fidel », a lancé un étudiant sous les cris de la foule. « Fidel a mis Cuba sur la carte du monde, et fait de Cuba un modèle pour les peuples du monde, surtout pour les pauvres et les laissés-pour-compte », a déclaré un autre.

La télévision officielle a déclaré que d'autres associations étudiantes et la fédération des femmes avaient organisé des rassemblements similaires pour afficher leur soutien à la révolution.

« Vive Fidel! Vive Raul! », scandent les Cubains

Même si Fidel Castro a empêché toute opposition lorsqu'il était au pouvoir, emprisonnant des centaines de personnes ou les forçant à s'exiler, Fidel Castro – qui s'est retiré définitivement du pouvoir en 2006 – demeurait très respecté à La Havane.

« J'aurais souhaité qu'il vive 30 ans de plus, mais bon, personne ne peut battre le destin », a confié à l'AFP Guillermo Suarez, un maçon de La Havane âgé de 52 ans.

Aucune manifestation officielle n'est prévue sur l'île pour la journée de dimanche, qui s'annonce plutôt calme.

Deuil national

Pour souligner les neuf jours de deuil national, qui ont commencé samedi, les matchs de baseball – sport favori de Fidel Castro – ont été annulés, tout comme les rassemblements et les spectacles dans plusieurs villes du pays. De nombreux restaurants ont réduit leurs heures d'ouverture et la vente d'alcool a été interdite.

Habituellement, nous sommes pleins à craquer, mais aujourd'hui, il n'y a que des touristes qui sont venus et quelques Cubains. En général, c'est le contraire. On dirait que les Cubains n'ont pas envie de s'amuser aussi rapidement après la mort de Fidel.

Raul Tamayo, un employé d'un restaurant de La Havane

De nombreux reportages et documentaires à la mémoire de Fidel Castro roulent en boucle à la télévision depuis vendredi soir. Samedi, le quotidien Granma a publié une édition sans sa traditionnelle encre rouge, comme il l'avait fait après la mort du guérillero Ernesto « Che » Guevara et celle du président vénézuélien Hugo Chavez.

Tous les drapeaux sont en berne

La première cérémonie de recueillement aura lieu lundi sur l'emblématique Place de la révolution, à l'endroit même où l'ancien dirigeant prononçait ses discours légendaires. Les accès à cet épicentre de l'exécutif cubain sont pour l'instant interdits au public.

Des dirigeants étrangers et autres diplomates sont ensuite attendus pour une autre commémoration, mardi soir.

S'amorcera ensuite une procession de quatre jours, de mercredi à samedi, pour transférer les cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago. Les cendres franchiront une distance de quelque 900 kilomètres. Des millions de Cubains devraient probablement y assister.

Les funérailles du Lider maximo, le dimanche 4 décembre à Santiago, marqueront le point culminant de ces hommages.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau n'a pas encore annoncé s'il se rendrait à Cuba cette semaine.

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