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Dakota Access : une campagne virtuelle pour confondre la police à Standing Rock

Une campagne Facebook demande aux utilisateurs d'indiquer leur présence au site de manifestations contre le pipeline Dakota Access, dans le Dakota du Nord, afin de troubler le bureau du shérif local. Le mouvement populaire a déjà mobilisé plus d'un million de sympathisants numériques.

Avec la fonctionnalité « lieux », Facebook permet à l'utilisateur d'indiquer en temps réel l'endroit où il se trouve, même s'il n'y est pas.

Selon le message de la campagne virale, le bureau du shérif surveille les manifestants en fonction de leur utilisation des médias sociaux. En multipliant les « présences » virtuelles à Standing Rock, la campagne en ligne estime que les autorités policières seront débordées de pistes à suivre, et auront plus de difficulté à contrôler la manifestation.

Toutefois, le bureau du shérif dément l'insinuation qu'il espionne les réseaux sociaux, disant que l'allégation est « absolument fausse ».

Le pipeline Dakota Access de l'entreprise Energy Transfer Partner est un projet de 3,8 milliards de dollars qui prévoit de transporter du brut léger depuis les champs pétroliers de Bakken jusqu'en Illinois.

Le tracé du pipeline passe à proximité de la réserve Standing Rock. Selon la communauté et ses supporteurs, le projet endommagerait les réserves d'eau dans la région et mettrait en danger des lieux sacrés.

Un spécialiste de l'utilisation des réseaux sociaux en zone de conflit pense qu'un tsunami de mentions Facebook n'empêcherait pas les policiers de discerner les vrais manifestants de ceux qui sont virtuels.

« Ils n'ont qu'à établir une zone de gardiennage virtuel autour du camp de protestataires », explique Tim Pool, un journaliste qui a couvert la question des médias sociaux dans les zones de conflit ainsi que leur utilisation dans des manifestations à travers les États-Unis.

Le gardiennage virtuel, ou geofencing, fait référence à l'acte d'isoler une aire géographique comme zone de recherche. Des logiciels de sécurité équipés d'une fonction de gardiennage virtuel permettent d'isoler les activités numériques effectuées dans des zones délimitées.

La police américaine s'est déjà servie des activités des utilisateurs de réseaux sociaux comme outil pour contrôler des manifestations et des émeutes.

L'American Civil Liberties Union (ACLU) a découvert que le service de police de l'État du Missouri exploitait des données fournies par Facebook, Twitter et Instagram pour suivre des protestataires à Ferguson, lors des manifestations ayant éclaté après la mort de Michael Brown, un adolescent noir abattu par un policier blanc en août 2014.

L'ACLU dit ne pas savoir si la police se sert de gardiennage virtuel pour surveiller les manifestants à Standing Rock.

Selon la Winnipégoise Leah Gazan, le fait de cliquer pour indiquer son positionnement à l'endroit des manifestations, est un geste de solidarité envers ceux mobilisés à Standing Rock.

De nombreux Canadiens, dont l'auteur-compositeur Neil Young, ont déjà joint leurs voix aux manifestants de Standing Rock. Dans un vidéoclip publié le 18 septembre, M. Young soutient que les gouvernements continuent d'accaparer des terres léguées aux Autochtones.

Avec des informations de Jimmy Thomson (CBC)

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