Retour

Damas annonce un « régime de calme », mais les morts s'accumulent à Alep

Un « régime de calme » sera instauré samedi, à 1 h, heure locale, dans certaines zones de Lattaquié et de Damas, a annoncé vendredi l'état-major de l'armée syrienne. Son communiqué ne fait cependant aucune mention d'un répit à Alep, où plus de 200 personnes ont été tuées cette semaine.

L'annonce de l'état-major semble être une réponse à l'appel lancé la veille par l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Ce dernier avait appelé la Russie et les États-Unis, parrains d'un processus de paix devenu moribond, à prendre une « initiative urgente » pour le remettre en selle.

L'annonce du « régime de calme », qui démontre de facto que la trêve officiellement en vigueur depuis la fin février n'est pas respectée, est d'abord venue de l'agence de presse russe RIA. Selon elle, cela s'appliquera pour 72 heures dans la province de Lattaquié, et 24 heures à Damas et dans ses faubourgs de la Ghouta orientale.

Un représentant de l'opposition cité par des agences de presse russes, Kadri Djamil, avait affirmé que la mesure s'appliquerait également à Alep, où des combats en cours depuis plusieurs semaines ont gagné en intensité cette semaine, mais le communiqué de l'armée syrienne n'en fait aucune mention.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), pas moins de 202 personnes sont mortes à Alep cette semaine.

L'organisation basée à Londres recense 131 civils, dont 21 enfants, tués par l'armée syrienne dans les quartiers de l'est, tenus par les rebelles, et 71 civils, dont 13 enfants, morts dans des bombardements des rebelles dans les quartiers de l'ouest, aux mains du régime.

Vendredi encore, une clinique a été touchée par une frappe aérienne du régime à Marjé, dans la partie rebelle de la plus grande ville du pays, tuant une femme et un enfant, selon l'OSDH. Un correspondant de l'AFP rapporte que 10 frappes ont touché la partie rebelle de la ville, et que les secouristes, débordés, s'activent de quartier en quartier.

La télévision syrienne rapporte de son côté que trois personnes ont été tuées par des tirs de roquettes des rebelles.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Selon un responsable de la Défense civile qui travaille dans la partie rebelle d'Alep, une grande partie des frappes aériennes de vendredi matin ont visé des quartiers situés près de mosquées. Une instance religieuse a d'ailleurs décidé, pour la première fois, de suspendre la prière du vendredi, la plus importante de la semaine.

« La terre est en train de trembler sous nos pieds », a résumé un habitant du quartier de Boustane Al-Qasr, tenu par les rebelles. « Les bombardements n'ont pas arrêté de la nuit; on n'a pas fermé l'œil. »

Avant l'annonce du « régime de calme », le quotidien Al-Watan, réputé proche du pouvoir, avait annoncé que le régime se préparait à lancer une offensive pour reconquérir non seulement la ville, mais aussi la province d'Alep.

« Ce n'est pas un secret que l'armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes », écrivait le journal.« Il est temps de lancer la bataille complète pour la libération d'Alep ».

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Alep est déjà « aux portes d'un désastre humanitaire ».

« Où que vous alliez, vous entendez les explosions de mortiers, les bombardements et les vols avions », soutient Valter Gors, qui représente le CICR dans la ville. « Les habitants vivent sur le fil du rasoir. Tous craignent pour leur vie. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine