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Dans l'attente de nouvelles des enquêteurs internationaux à Douma

Ce ne sont pas les enquêteurs de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), mais plutôt une équipe de sécurité de l'ONU qui serait entrée à Douma mercredi, selon l'ambassadeur syrien aux Nations unies.

L’équipe d’experts de l’OIAC n’a pas pu débuter son enquête, contrairement à ce qu’a affirmé, mardi en après-midi, l’agence de presse officielle de la Syrie, SANA.

Les enquêteurs seraient cependant en attente du feu vert pour débuter leur travail.

Personne d’autre que Damas n’est en mesure de confirmer si les équipes de l’ONU et de l’OIAC sont bien à l'emplacement où une attaque chimique aurait eu lieu, le 7 avril.

Les États-Unis affirment de leur côté que les inspecteurs de l'OIAC « avaient pu voir la ville », mais que, d’après leurs informations, ils n'étaient pas entrés à Douma.

Le Pentagone soutient également qu’il aurait obtenu des renseignements démontrant que du chlore et du sarin auraient été utilisés dans la présumée attaque chimique attribuée au régime de Bachar Al-Assad.

L'ambassade russe auprès de l'OIAC a affirmé lundi que les enquêteurs auraient accès à l'emplacement mercredi.

Des délais sans explication

La raison pour laquelle les enquêteurs n’ont pas encore pu l'inspecter depuis leur arrivée à Damas, en fin de semaine, demeure nébuleuse et alimente la thèse que Damas et son allié russe retardent l’échéance afin d’effacer des preuves.

Les deux pays nient fermement des allégations à ce sujet formulées notamment par le ministère français des Affaires étrangères et l’ambassadeur américain auprès de l’OIAC.

Le directeur général de l’OIAC, Ahmet Uzumcu, a affirmé lundi que des responsables syriens et russes l’avaient informé que les enquêteurs ne pouvaient se rendre à Douma en raison de « problèmes de sécurité ».

Il a ajouté que le régime syrien avait plutôt proposé aux enquêteurs d’interroger 22 personnes qui leur avaient été présentées comme des témoins de l’événement.

Plusieurs journalistes ont cependant été autorisés à se rendre sur place, où ils ont réussi à visiter les lieux où l’attaque chimique se serait produite et à parler à certains résidents qui ont raconté leur version des événements.

Le sous-ministre russe aux Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a pour sa part avancé lundi que les enquêteurs n’avaient pas les autorisations requises du Département de la sûreté et de la sécurité des Nations unies. L’ONU a répliqué qu’il n’en était rien.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rappelé mardi après-midi que le gouvernement syrien avait l’« obligation » d’assurer que les enquêteurs puissent faire leur travail « sans entrave ».

Malgré les affirmations de SANA, le numéro un de la diplomatie mondiale n’a pas confirmé que les enquêteurs avaient atteint Douma, se bornant à dire que l’ONU avait fait « tout ce qui était possible » pour qu’ils puissent y parvenir « plus tôt que tard ».

En théorie, les enquêteurs de l’OIAC doivent prélever des échantillons de terre ou de gravats, qu’ils emporteront pour analyse, et effectuer des prélèvements biologiques sur des blessés, voire des cadavres, sur lesquels des traces d’une absorption de produits chimiques peuvent persister longtemps.

Les chances de conclure à une attaque chimique s’amenuisent au fur et à mesure que le temps passe. Les statuts de l’OIAC prévoient normalement que des enquêteurs arrivent sur les lieux d’une enquête en 24 ou 48 heures.

Si l’OIAC devait conclure qu’une attaque chimique a eu lieu, il est loin d’être certain que la communauté internationale sera plus avancée, dans la mesure où il n’est pas dans son mandat de dire qui en est responsable.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déjà imputé l'attaque au régime syrien, raison pour laquelle ils ont lancé des missiles en fin de semaine sur trois sites syriens suspectés de fabriquer et d’entreposer des gaz chimiques.

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