Les républicains ne semblent plus faire campagne pour la prestigieuse Maison-Blanche. À les écouter ces jours-ci, on a plutôt l'impression qu'ils se chicanent pour savoir qui sera le roi de la montagne dans leur cour d'école. Signe de la nervosité d'un parti qui ne sait quoi faire de celui qui semble destiné à devenir leur porte-étendard cet automne.

Une analyse de Yanik Dumont Baron correspondant à Washington  

C'est le sénateur Marco Rubio qui a signalé le changement de ton la semaine dernière. Fini les répliques polies. Bonjour les attaques et les insultes. Ted Cruz a profité du signal pour joindre la mêlée. Donald Trump, qui n'attendait peut-être que cela, en a rajouté.

Voici une liste (malheureusement incomplète) des attaques lancées dans les derniers jours.

  • « Mon complet n'est pas fait en Chine, ce n'est pas un complet Trump. » - Rubio
  • Cruz accuse Trump de mentir aux électeurs au sujet du fameux mur qu'il promet de construire.
  • Trump souligne combien Rubio transpire, se moque de la grandeur de ses oreilles, le décrit comme un dégonflé.
  • Rubio se moque de la couleur de la peau de Trump: « Il ne veut pas redorer l'Amérique, il veut la peindre orange. »
  • Cruz suggère que Trump a des liens d'affaires avec la mafia new-yorkaise.
  • Rubio parle de la taille des mains de Trump: « Vous savez ce qu'on dit des hommes aux petites mains... »
  • Trump compare Cruz à un bébé: « Doux, faible, un petit bébé. »

« Ça vole haut », me disait un collègue, une faible note d'ironie dans la voix. Notez qu'une bonne partie des attaques ont été lancées par Marco Rubio. Celui qui espère devenir le porte-étendard des modérés a choisi de répondre à Trump en jouant le même jeu. John Kasich, lui, demeure au-dessus de tout cela.

Un parti divisé

Cette « descente aux insultes » montre à quel point les républicains sont embêtés par Trump, un candidat qui refuse de rejeter l'appui des suprémacistes blancs, qui ment, tord la vérité, qui joue sur les peurs et les craintes des Américains.

Une partie des républicains craignent que ce super mardi ne lui donne une avance insurmontable. Qu'il soit trop tard pour l'empêcher d'emporter l'investiture. On entend bien quelques voix, parfois des chuchotements. Des républicains qui affirment qu'ils ne voteront jamais pour Trump. Des sénateurs qui parlent de faire campagne contre Trump, afin d'assurer leur propre réélection.

Il y a aussi les électeurs conservateurs. Une bonne partie d'entre eux affirment ne pas pouvoir appuyer Trump. Ce qui fait qu'ils pourraient rester chez eux en novembre... ou passer dans le camp démocrate.

Mais une partie des républicains semble choisir la voie de l'accommodement. Des élus et des stratèges qui parlent plutôt de travailler avec Trump. Dans ce camp, il y a bien sûr le gouverneur du New Jersey, Chris Christie. C'est un ancien adversaire de Trump. Il est maintenant dans son camp.

Voilà un signal important, parce que Christie est perçu comme un modéré, qui peut travailler avec l'adversaire. C'est aussi un ancien président de l'Association des gouverneurs républicains. Son appui à Trump donne une raison (ou une excuse) à d'autres élus pour se ranger derrière le milliardaire.

Bref, c'est un parti divisé. Qui ne sait vraiment pas sur quel pied danser. Si cette course était normale, le vote du « Super Tuesday » confirmerait le choix d'un candidat pour la présidentielle. D'habitude un modéré, favori des élites du parti.

Mais vous le savez maintenant, 2016 n'est pas une élection normale. Le super mardi pourrait bien donner des résultats explosifs (Trump l'emporte partout ou presque). C'est peut-être l'avenir du Parti républicain qui se joue aux urnes...

Que pensez-vous qu'il arrivera au Parti républicain si Trump emporte l'investiture?

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