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De la rue à propriétaire de maison en sept ans

À Détroit, aux États-Unis, un organisme propose une nouvelle façon d'offrir des logements abordables : un programme de mini-maisons qui permet de devenir propriétaire d'une demeure en seulement sept ans.

Un texte de Colin Côté-Paulette

L'organisme Cass Community Social Services aide les sans-abri depuis presque 40 ans dans la ville de l'automobile.

Malgré tous les services offerts et les efforts de sa clientèle, une chose indispensable reste hors de portée pour une grande partie des gens visés : l'accès à la propriété.

L'organisme a décidé de construire 25 mini-maisons abordables destinées à des sans-abri et à des personnes âgées à faible revenu dans le quartier North End.

Chacune de ces maisons coûtera entre 250 $ et 400 $ par mois à ses usagers, soit 1 $ par pied carré. Les personnes qui y habiteront devront payer ces frais mensuels, qui couvriront la valeur de la maison. Après sept ans, ceux-ci auront donc acheté la maison en bonne et due forme.

Chaque habitation sera différente, contrairement à la plupart des projets de logements sociaux et seront assez grandes pour une ou deux personnes.

Il faut préciser que le nombre de terrains vacants à Détroit a joué en faveur du projet. L’organisme a acheté 25 lots pour moins de 20 000 $.

Des bénévoles participent présentement à la construction des demeures.

Briser le cycle de la pauvreté

La révérende Faith Fowler, directrice de l'organisme Cass Community Social Services, aide des sans-abri depuis les années 80. Elle croit que l'accès à la propriété permettra de créer de la richesse auprès des propriétaires.

Elle estime que les futurs résidents, ayant un legs pour leur descendance, pourront vivre le rêve américain et briser le cycle de la pauvreté.

Les matériaux de construction ont été judicieusement choisis afin de permettre que la facture d’énergie reste basse. Selon les organisateurs, une facture d'électricité d'un mois de février tournerait autour de 35 $.

Les gens sélectionnés pour devenir propriétaires de ces maisons devront néanmoins respecter certaines conditions. Chaque mois, ils devront se présenter à des cours de finances personnelles et effectuer huit heures de travaux communautaires dans leur quartier.

On estime que Détroit abriterait jusqu’à 17 000 personnes sans domicile fixe. Ce n'est donc pas étonnant que l’organisme ait reçu presque 1000 demandes pour participer au programme. Une deuxième et une troisième phase sont dans les plans.

Adam Vasey, qui dirige Downtown Mission, un refuge pour sans-abri à Windsor, émet quelques bémols à propos du programme.

« C’est bien, mais en tant que solution permanente, on ne s’attaque pas à ce qui est à l'origine de la pauvreté, comme l'inégalité des revenus », croit-il.

Le département de logements sociaux de Windsor dit qu'il est ouvert à ce genre d'initiative, mais qu'il est encore trop tôt pour indiquer si un tel programme serait possible dans la ville frontalière.

D'ici là, Mme Fowler espère que les résidents auront profité de cette occasion.

« Ça me rend tellement heureuse. Je vais probablement prendre ma retraite dans sept ou huit ans et j’espère que les résidents seront devenus propriétaires. »

Jusqu’à présent, sept maisons ont été bâties. Leurs locataires y emménageront le mois prochain.

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