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De moins en moins d'exécutions dans le monde en 2017, selon Amnistie internationale

La peine de mort dans le monde est en recul, selon Amnistie internationale. Le nombre d'exécutions dans le monde a diminué de 4 % en 2017 par rapport à l'année précédente, tandis que le nombre de pays ayant aboli cette pratique a augmenté.

Un texte de Marie Lépine-Loiselle

Dans son rapport, l'organisation de défense des droits de la personne indique qu'au moins 993 exécutions ont eu lieu dans 23 pays en 2017, alors qu'en 2016, il y en avait eu 1032.

Au moins 2591 condamnations à mort ont également été recensées dans 53 pays en 2017, soit 526 de moins que l'année précédente. Ces statistiques excluent toutefois les condamnations en Chine, puisque ces données sont gardées secrètes.

Par ailleurs, de plus en plus de pays n'ont plus recours à la peine de mort.

C'est le cas notamment en Afrique subsaharienne. La sentence capitale a été abolie pour tous les crimes en Guinée et elle n'est plus obligatoire dans les cas d'homicide au Kenya. Le Burkina Faso et le Tchad sont aussi en voie de supprimer ce châtiment.

Un peu plus à l'ouest, la Gambie, elle, s'est engagée, dans un traité international, à s'abstenir d'exécuter des prisonniers et à faire les démarches pour abolir cette pratique.

La Mongolie a, quant à elle, éliminé la peine de mort pour tous les crimes.

Le portrait de la situation n'est toutefois pas tout rose. Amnistie internationale note que certains pays, comme la Jordanie et les Émirats arabes unis, ont de nouveau recours à la peine de mort.

En Égypte, le nombre de condamnations à mort a également augmenté d'environ 70 % en 2017 par rapport à l'année précédente.

La sentence capitale pour des crimes liés aux stupéfiants

Amnistie internationale s'inquiète par ailleurs des mises à mort effectuées pour une infraction reliée aux drogues, comme le trafic ou la possession de stupéfiants. En 2017, 11 pays ont condamné à mort des personnes pour ce type de crime et 4, soit l'Arabie saoudite, la Chine, l'Iran et Singapour, en ont exécutées pour ces raisons.

« Il y a plusieurs pays où […] parfois, il ne faut pas une grosse quantité [pour être passible de la peine de mort]. Ce ne sont pas des quantités pour quelqu'un qui veut faire du trafic. C'est plus pour la consommation personnelle », souligne Charles Perroud, coordonnateur pour l'Abolition de la peine de mort à Amnistie internationale Canada francophone.

Le rapport d'Amnistie internationale note toutefois que des changements législatifs sont survenus dans certains pays et qu'ils pourraient faire diminuer le nombre de condamnations à mort.

En Iran, par exemple, le seuil de quantité minimale de stupéfiants pour être systématiquement condamné à mort a été augmenté. « Jusqu’à tout récemment, on parlait de 70 % des condamnations à mort qui étaient des cas de possession ou de trafic de stupéfiants. C’était plusieurs centaines de cas par année qui étaient concernés. Donc, la baisse est assez substantielle à la suite de la réforme du Code pénal iranien », dit M. Perroud.

Environ 40 % des mises à mort dans ce pays, en 2017, sont pour un crime lié aux stupéfiants, alors qu'en 2016, cette proportion se chiffrait à 58 %.

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