En Russie, des statistiques gouvernementales démontrent que le pays connaît son pire niveau de pauvreté en 10 ans. Le pays a traversé une dure récession depuis 2014, et c'est la classe moyenne qui souffre le plus de cette crise économique.

Julia Beliakov et son mari ont failli tout perdre l’an dernier, quand ils ont tous deux été licenciés.

La jeune mère de 31 ans se dit très chanceuse; ils ont vite trouvé à nouveau du travail. « On a eu de la chance. On a eu peur, on se sentait comme si on était assis sur un volcan », confie-t-elle.

Cette psychologue, qui travaille dans une firme qui vend des appareils ménagers, voit autour d’elle plein de gens qui sont moins chanceux.

Kirill et Tatiana Moreev, tous deux travailleurs autonomes, ont dû partir vivre dans une lointaine banlieue de Moscou. Leur seul revenu fixe provient de la location d’un appartement, à Moscou, dont ils ont hérité.

Comme la majorité des Russes, c’est la nourriture qui est leur principale dépense. « Oui, on se nourrit, et le reste de l’argent sert à payer le gaz, les transports », explique Tatiana.

Pour habiller leurs trois filles, ils doivent maintenant participer à des groupes d’échanges de vêtements.

À l’église de l’Assomption de Marie, à Moscou, on nourrit des sans-abri, et on voit arriver une nouvelle clientèle : des gens qui viennent de passer sous le seuil de la pauvreté, c’est à dire avec un revenu de moins de 230 $CA par mois.

Il y a maintenant 20 millions de Russes dans cette situation.

À l’Armée du Salut aussi, on accueille des gens qui ont perdu leur appartement, leur emploi.

Isai, ancien entraîneur d’une équipe de soccer et ex-chauffeur de taxi, est sans emploi depuis un an et demi. Il rêve de travailler à nouveau.

Andrei Serykh, qui dirige ce centre de l’Armée du Salut, espère que l’économie va se redresser bientôt.

En Russie, aujourd’hui, 10 % de la population contrôle 89 % de la richesse. Un récent rapport de la grande banque russe VTB conclut que 1 % de la population possède 46 % de toutes les sommes déposées dans les banques du pays.

Le Russe moyen ne semble pas au bout de ses peines. Les autorités russes croient que l’économie va renouer avec la croissance cette année. Mais c’est une croissance faible, fragile, parce qu’elle dépend en bonne partie d’une hausse du prix du pétrole, ce qui est loin d’être évident.

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