Les prix Grammy, réunion annuelle de l'industrie musicale américaine, ont pris des allures, dimanche, de tribune politique pour dénoncer les mesures prises par le président Donald Trump depuis son arrivée à la Maison-Blanche, quoique les artistes invités et récompensés pendant la soirée ont fait preuve de plus de retenue que Meryl Streep aux Golden Globes.

Devant une représentation de la Constitution américaine, projetée au-dessus de la scène, le public s'est levé pour applaudir lorsqu'est apparue la célèbre formule « We The People », qui ouvre le texte.

Plusieurs moments symboliques ont ainsi marqué la soirée, qui a couronné la chanteuse britannique Adele de cinq trophées.

Katy Perry, qui avait donné son appui à la démocrate Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle, portait un brassard avec le mot « Persist » (Persister), lorsqu'elle a interprété sa nouvelle chanson Chained to Rhythm, dont le refrain « We Think We're Free » (Nous pensons être libres) a pris un écho très politique.

La chanteuse américaine a été rejointe sur scène par Skip Marley, le petit-fils de la légende du reggae Bob Marley, dont les chansons traitent souvent de l'oppression et de l'injustice sociale.

Une soirée plus apolitique que prévu

La victoire de Donald Trump a secoué Hollywood, alors que les artistes ont profité de plusieurs cérémonies de remise de prix pour exprimer leur mécontentement.

En janvier, l'actrice Meryl Streep avait pris la parole aux Golden Globes pour dénoncer l'attitude méprisante de Donald Trump.

Ce besoin de contestation s'est à nouveau exprimé dimanche soir, mais celui-si s'est avéré plus modéré que prévu. La cérémonie a tout de même porté une atmosphère politique plus éloignée de celle des habituels compliments et remerciements.

« Nos voix sont plus nécessaires que jamais dans cette période si particulière de l'histoire, a commenté Jennifer Lopez au tout début de la soirée, sans nommer le nouveau président. En ce moment, nous n'avons pas besoin du silence. »

À l'animation de la soirée, James Corden, s'est plutôt essayé à l'humour en reconnaissant qu'« avec Trump, on ne sait jamais ce qui va arriver ».

Des artistes engagés

Le groupe de hip-hop A Tribe Called Quest et le rappeur Anderson Paak ont entonné un duo faisant mention de l'« Agent Orange », substance chimique utilisée par l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam et parfois utilisé comme surnom pour Trump.

« Résistez! Résistez! », ont-ils ajouté, après avoir fait lever le poing à des artistes noirs, alors que d'autres sautaient au travers d'un mur symbolisant celui que le président veut construire à la frontière avec le Mexique.

En montant sur scène, l'artiste Busta Rhymes a remercié de manière ironique le président américain après l'échec de son décret sur l'immigration, critiqué à maintes reprises par Hollywood qui le considère raciste puisqu'il suspend l'entrée de citoyens de sept pays musulmans aux États-Unis.

Chance the Rapper est, lui, apparu avec un chandail portant la mention « Merci » devant, mais le nom d'« Obama » dans le dos.

La fille de Michael Jackson, Paris Jackson, a plus tard critiqué la construction d'un oléoduc controversé dans le Dakota du Nord, approuvé par Trump.

Le président de l'académie, Neil Portnow, a en outre regretté que l'on rappelle aux Américains ce qui les divise, comme la race, la religion, l'orientation sexuelle ou la politique, alors qu'« ils ont désespérément besoin qu'on leur rappelle ce qui les unit ».

Au moins une artiste pro-Trump

La chanteuse Joy Villa portait littéralement son appui au président américain, sans doute à la recherche de visibilité. Sur le tapis rouge, elle a dévoilé, sous une cape blanche, une robe bleu, blanc, rouge, avec l'inscription « Make America Great Again » (rendre à l'Amérique sa grandeur), soit le slogan de campagne de Donald Trump. Le nom de ce dernier était par ailleurs écrit à l'arrière de la robe.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Ovni dans le ciel du Texas





Rabais de la semaine