Ils ne sont pas nombreux, comparativement aux autres étrangers qui visitent Cuba, mais ils sont ici. On les voit un peu partout, surtout dans les centres culturels, au théâtre, aux matchs de baseball et dans les rues coloniales et historiques.

Un texte de Martin Movilla, envoyé spécial à Cuba

Ils viennent du Texas, de la Floride, de New York ou du Montana. Ils sont Américains et ils adorent découvrir ce monde cubain qui leur est officiellement interdit en tant que touristes.

La législation qui soutient l'embargo imposé à Cuba par les États-Unis, depuis des décennies, ne permet pas aux citoyens américains de faire du tourisme.

Quand l'embargo - un blocus, selon les Cubains - a été mis en place, les politiciens américains voulaient envoyer un message clair à leurs concitoyens : leur interdire de soutenir ceux qu'ils considéraient comme dictateurs et communistes. Dépenser de l'argent à Cuba était, selon eux, une façon de le faire.

Interdit, mais...

L'interdiction est toujours en vigueur, mais cela n'a pas empêché 200 000 Américains de participer à des programmes d'échanges culturels à Cuba en 2015. Une augmentation de plus de 71 % par rapport à l'année précédente. Il semble aussi que les citoyens américains qui « désobéissent » à la règle ne sont pratiquement plus sanctionnés.

Le nouveau climat qui domine les relations entre Cuba et les États-Unis a favorisé cette croissance.

De plus, selon les sondages, une majorité d'Américains considère que l'embargo n'a plus aucun sens parce qu'il n'a pas permis d'obtenir le résultat escompté, soit faire tomber le gouvernement et inciter les Cubains à se révolter contre les dirigeants communistes.

Selon Rae Daly, une guide touristique qui travaille depuis longtemps avec des visiteurs américains, les temps ont vraiment changé et 2015 marque un moment historique pour le tourisme cubain.

Les Américains viennent avant que « les Américains débarquent »

Les visiteurs américains ne sont pas comme les autres. Ils aiment échanger avec les Cubains et parler de la vie, de l'histoire, de la musique et de l'art. Ils aiment aussi découvrir chaque coin historique du pays.

L'ancienne maison du Che Guevara et les hôtels-monuments comme le National font partie de leurs endroits de prédilection.

Ironiquement, plusieurs d'entre eux viennent maintenant « avant que les Américains débarquent », comme le dit Heath Deneke, une touriste rencontrée à La Havane.

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