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Début de la campagne référendaire sur le « Brexit »

Le coup d'envoi officiel de la campagne référendaire sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE) a été donné, à 10 semaines du vote qui se déroulera le 23 juin.

Le premier ministre David Cameron avait annoncé en février la tenue de ce référendum pour tenter de calmer les députés de son parti, le Parti conservateur, qui réclament depuis longtemps une révision des liens avec Bruxelles, même si la position officielle du gouvernement britannique est de maintenir le pays au sein de l'organisation de 28 nations.

David Cameron soutient qu'il est plus avantageux pour son pays de rester dans l'UE grâce à une entente, signée en février par les dirigeants européens, qui lui accorde un statut spécial.

Cette série de mesures, visant à convaincre les Britanniques de rester dans l'UE, met le Royaume-Uni à l'abri d'une « union encore plus étroite » avec les autres nations européennes et stipule clairement qu'il n'adoptera pas l'euro comme monnaie. L'entente protège aussi les intérêts du pays et limite l'aide sociale qu'il est tenu de verser aux migrants provenant des autres nations de l'UE.

Mais malgré cet accord, plus du tiers des députés du parti de David Cameron, dont le secrétaire de la Justice, Michael Gove, sont pour le « Brexit », le nom donné à l'éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'UE.

En plus des membres dissidents du Parti conservateur, l'opposition au maintien du pays au sein de l'UE est principalement composée du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, dirigé par Nigel Farage.

Appuis pour le statu quo

Au Parlement britannique, les partisans du maintien du pays au sein de l'UE se font entendre. Deux importants prétendants à la direction du Parti conservateur, la secrétaire de l'Intérieur, Theresa May, et le chef du Conseil du Trésor, George Osborne, ont déjà exprimé leur appui, tout comme le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, et la leader du Parti national écossais, Nicola Sturgeon.

David Cameron peut également compter sur le soutien des principaux employeurs du pays et du monde de la finance.

Par ailleurs, cette première consultation des Britanniques sur l'Europe depuis 1975 inquiète les dirigeants du monde entier, qui multiplient les déclarations en faveur du statu quo.

La Maison-Blanche a d'ailleurs annoncé que le président Barack Obama expliquera, lors d'une visite prévue à Londres la semaine prochaine, « pourquoi les États-Unis pensent qu'il est bon pour le Royaume-Uni de rester dans l'Union européenne ».

Le Fonds monétaire international et les pays du G20 se sont également inquiétés des dangers qu'une telle sortie du Royaume-Uni ferait peser sur le monde et sur l'économie internationale.

Des tracts controversés

La campagne référendaire a démarré sur une polémique, car le gouvernement a distribué des tracts appelant à voter pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Cette initiative partisane indigne les partisans du Brexit, qui invitent tous les Britanniques à renvoyer les dépliants au premier ministre David Cameron.

Le porte-parole du parti pro-Brexit UKIP, Peter Reeve, est pour sa part « résolument optimiste » quant à l'issue du référendum. « Nous travaillons sur cette question pas seulement depuis quelques semaines, mais depuis 20 ans », a-t-il expliqué en distribuant des tracts.

Mais les sondages annoncent un vote très serré. Celui de l'institut YouGov, publié le 15 avril, prévoit une mince avance pour le camp des partisans du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, dans une proportion de 40 % des suffrages contre 39 % pour le camp du « non ». Seize pour cent des personnes interrogées se disent indécises et 5 % ont déclaré ne pas avoir l'intention de voter.

Le taux de participation sera ainsi un élément clé du résultat du référendum. John Curtice, de la Strathclyde University, explique que les électeurs favorables au Brexit « sont présentés comme plus enclins à aller voter ».

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