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Décret sur les réfugiés : l'un des deux Irakiens arrêtés à New York a été libéré

L'immigrant irakien Hameed Darwish, arrêté à son arrivée aux États-Unis, malgré un visa en règle a été libéré, selon l'agence de presse Reuters.

L’homme, qui a travaillé pendant 10 ans pour les forces américaines en Irak, était détenu depuis son arrestation vendredi, à l’aéroport John  F. Kennedy à New York, quelques heures après la signature du décret par le président, tout comme un autre immigrant irakien malgré leurs visas en règle.

Haider Sameer Abdulkaleq Alshawi est, quant à lui, toujours détenu. Il est marié à une ancienne sous-traitante des services de sécurité et avait déjà obtenu le statut de réfugié en raison de son lien avec l’armée américaine.

Une plainte pour contester le décret sur les réfugiés

Les avocats des deux Irakiens ont déposé une plainte en leur nom devant un tribunal fédéral de Brooklyn pour contester le décret du président Donald Trump interdisant l'accès aux réfugiés et aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans.

Selon les documents de la cour, les deux hommes étaient porteurs de visas en règle au moment de leur arrestation.

Leurs avocats plaident que la détention d’une personne qui possède un visa valide est illégale et réclament l’invalidation de cette mesure.

Les agents frontaliers auraient interdit aux avocats de rencontrer les détenus, leur suggérant plutôt de contacter directement le président.

La plainte formulée par des associations

La plainte a été formulée par des groupes de défense des droits de l'immigration, incluant le Centre national du droit de l’immigration et l'Union américaine des libertés civiles (ACLU). Les associations souhaitent intenter un recours collectif en faveur d'autres réfugiés.

« L’un des demandeurs, à l’image de plusieurs autres, a risqué sa vie en aidant les militaires américains en Irak. Le décret de Trump met ceux qui nous ont aidés en danger en leur refusant la sécurité promise aux États-Unis », a déclaré Karen Tumlin, directrice de l'Union américaine des libertés civiles.

Les avocats ont le soutien de plusieurs associations de défense des droits civiques américaines, qui demandent que la plainte soit considérée comme une action en nom collectif pour toutes les personnes dans la même situation et susceptibles d'être retenues dans les aéroports américains.

Elles ont lancé un appel à manifester au terminal 4 de l'aéroport John F. Kennedy, qui a circulé abondamment sur les réseaux sociaux.

Confusion dans les aéroports

Dans plusieurs aéroports américains, les agents frontaliers ignorent la conduite à adopter, selon Mana Yegani, une juriste de Houston membre de l'association des avocats américains pour l'immigration. Avec ses collègues, elle a répondu toute la nuit aux appels de voyageurs équipés de visas d'études ou de travail, dont plusieurs ont été renvoyés vers les pays en vertu du décret.

Ce sont des gens qui viennent en toute légalité. Ils ont des emplois, ils ont des véhicules ici [...] Juste parce que Trump a signé quelque chose hier à 18 h, tout est bloqué.

Mana Yegani, juriste de Houston

D'autres cas au Caire

Cinq Irakiens et un Yéménite n'ont pas été autorisés à monter à bord d'un avion en partance pour New York, samedi à l'aéroport du Caire, en vertu du décret signé la veille par Donald Trump.

Les six voyageurs, qui faisaient escale dans la capitale égyptienne, ont été réorientés vers des vols à destination de leur pays, bien qu'eux aussi aient été en possession d'un visa en règle.

Par ailleurs, la compagnie aérienne néérlandaise KLM a refusé l'embarquement à sept personnes à la suite du décret américain.

« Nous aurions bien aimé les faire voyager avec nous, mais cela n'a pas beaucoup de sens, l'entrée du pays leur aurait été refusée », a affirmé à l'AFP une porte-parole de KLM, Manel Vrijenhoek.

Selon la compagnie aérienne, cinq des sept personnes ont pu être prévenues avant leur embarquement, refusant de donner des détails sur la nationalité de ces voyageurs, leur aéroport d'origine ou leurs destinations.

Les deux autres personnes ont été informées au moment d’une escale et KLM leur a offert le voyage de retour, précise la porte-parole.

Il y a une semaine, ils auraient pu voyager sans problèmes, ils avaient les papiers nécessaires, mais aujourd'hui, ils n'auraient pas pu entrer dans le pays.

Manel Vrijenhoek, porte-parole de KLM

Les mesures annoncées vendredi figuraient dans le programme électoral du candidat républicain, qui avait aussi envisagé d'interdire à tous les musulmans de se rendre aux États-Unis.

La conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, assure que sa décision sera maintenue malgré les problèmes qu’elle engendre.

[Donald Trump] est un homme d'action et de choc. Chose promise, chose due. Il faut bousculer le système et il ne fait que commencer.

Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump

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