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Des affrontements font 2 morts dans une grève de 24 heures au Venezuela

Le Venezuela est immobilisé par une grève générale de 24 heures. Deux jeunes manifestants ont été tués lors d'affrontements qui ont aussi fait une dizaine de blessés.

Le mouvement a été lancé par l'opposition, qui a reçu un fort appui populaire la semaine dernière lors d'une consultation symbolique contre le président Nicolas Maduro et son projet de modification de la Constitution.

Des millions de personnes ont répondu à l’appel à la grève en restant à la maison, fermant leur commerce ou érigeant des barrages routiers.

Dans plusieurs quartiers de Caracas et d'autres villes comme Maracaibo, les rues étaient bloquées par des barricades depuis le matin en raison de la grève générale.

Le président Maduro a déclaré jeudi que les instigateurs de la grève seront emprisonnés. Il a soutenu que la grève a peu d’impact puisque 700 grandes épiceries sont restées ouvertes.

La grève générale est appuyée par le patronat, les chambres de commerce et d'industrie, une partie des syndicats, les étudiants et les entreprises de transport.

« J'ai sept ouvriers et je vais leur payer la journée. Peu importe de perdre une journée de travail quand on est en train de perdre un pays. Je rejoins la mobilisation pour essayer de sauver le peu qui nous reste, pour accroître la pression », a expliqué un patron d'une petite entreprise de bâtiment au sud-est de Caracas.

Dix jours avant l'Assemblée constituante

Selon l'institut Datanalisis, 70 % des Vénézuéliens rejettent l'Assemblée constituante.

Il ne reste plus que dix jours avant l’élection des membres qui formeront l’Assemblée constituante. Ils auront pour mission de réécrire la Constitution.

Les membres de l’opposition, aussi appelés les antichavistes (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont Nicolas Maduro est l'héritier), sont lancés dans une course contre la montre.

Certains secteurs économiques craignent que le président n'instaure, avec sa Constituante, un modèle économique « à la cubaine » qui pourrait nuire davantage à la situation économique, selon eux.

Pendant ce temps, Nicolas Maduro garantit que la Constituante aura lieu « pour la paix et le redressement économique » du pays. « Elle continue, plus que jamais », a-t-il affirmé mardi.

Il a aussi rejeté les menaces de sanctions économiques lancées par le président américain Donald Trump, en cas de maintien du projet.

Les nombreuses manifestations ont fait près d’une centaine de morts. Elles ont aussi nui à l’économie du pays, qui est au ralenti. Le Venezuela est frappé par une sévère pénurie d’aliments et de médicaments ainsi que par une inflation galopante.

Le président, appuyé par l’industrie pétrolière et la fonction publique, a menacé de sanctionner les entreprises qui participent à la grève.

« Une grève dans un pays pétrolier où le gouvernement contrôle cette production revient à un bras de fer financier opposant l'entrepreneuriat et une population affamée et appauvrie à un gouvernement également ruiné, mais qui contrôle les maigres ressources du pays », a estimé Luis Vicente Leon, de l'institut Datanalisis.

Cet État d’Amérique latine, autrefois riche pays pétrolier, a perdu 70 % de ses entreprises ces dix dernières années. Celles qui restent fonctionnent à 30 % de leurs capacités, selon le syndicat patronal Fedecámaras.

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