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Des centaines de manifestations contre la politique d’immigration de Trump

Dans l'ensemble des États-Unis, de nombreuses manifestations ont eu lieu samedi contre la politique d'immigration menée par le président Donald Trump.

Ces rassemblements se sont déroulés dans des centaines de villes américaines.

À New York, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées dans le sud de Manhattan, pour un défilé qui a traversé le pont de Brooklyn pour ensuite marcher dans le quartier du même nom sous un soleil de plomb.

Les slogans « Abolissez l'ICE », la police de l'immigration, « Notre New York est un New York d'immigrés » ou « Les familles doivent rester ensemble » étaient inscrits sur leurs pancartes, tandis que certains manifestants scandaient « Dites-le haut et fort, les réfugiés sont les bienvenus ici ».

Plusieurs élus démocrates de haut rang souscrivent depuis quelques jours à la revendication de la suppression de l'ICE, dont le maire de New York Bill de Blasio et la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, candidate potentielle à l'élection présidentielle de 2020.

L'une des plus grandes manifestations est partie du parc jouxtant la Maison-Blanche, à Washington. D'après les organisateurs, 30 000 personnes étaient présentes. Devant la demeure présidentielle, l'enregistrement d'un enfant de migrants pleurant à la recherche de ses parents a été diffusé sur des haut-parleurs. Jocelyn, une mère brésilienne, séparée de son fils pendant neuf mois, a témoigné de son calvaire au micro : « On lui a dit qu'il finirait peut-être par être adopté », a-t-elle raconté à la foule, déclenchant un cri collectif spontané : « Honte! Honte! ».

L'auteure-compositrice-interprète Alicia Keys, qui était accompagnée de son fils de 7 ans, a lu une lettre écrite par une femme ayant été séparée de son enfant à la frontière.

« Je suis en colère, triste, écoeurée », a dit Rita Montoya, une avocate de Washington originaire du Mexique, venue comme beaucoup d'autres avec ses jeunes enfants. « Nous sommes des enfants d'immigrés, nous contribuons à ce pays depuis suffisamment longtemps, il faut que ce pays commence à nous montrer un peu de respect. »

Quelque 200 manifestants se trouvaient à l'extérieur du golf de Donald Trump à Bedminster près de New York, dans le New Jersey où le milliardaire était samedi.

« C'est du racisme à peine voilé, a dit Dorothy Carney, une professeure de français venue à Washignton de Charlottesville, en Virginie. Le mal l'emportera si les gens bien ne font rien. Au moins, on fait quelque chose. »

En tout, c'est près de 600 marches qui ont eu lieu dans tout le pays. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues aux quatre coins des États-Unis pour défiler sous la bannière Families belong together (Les familles doivent rester ensemble).

Ce mouvement, mis en place à la suite des dernières décisions de Donald Trump, regroupe une centaine d'organisations, dont la branche américaine d'Amnistie internationale.

Des activistes progressistes, des parents et, pour la première fois, des personnes soucieuses du sort des enfants séparés de leurs parents à la frontière avec le Mexique étaient attendues. Ils comptaient exhorter Donald Trump à réunir rapidement ces familles.

À Portland, dans l’Oregon, la politique menée par le successeur de Barack Obama a convaincu des personnes, habituellement peu enclines à manifester, à défiler publiquement pour faire entendre leur incompréhension.

« Je ne suis pas radical, je ne suis pas un activiste, mais j’ai atteint un point où je sens que je dois en faire plus », a expliqué Kate Sharaf, l’un des organisateurs de la marche prévue dans cette ville.

Ces manifestants prévoyaient également protester contre la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a validé, mardi, le décret migratoire de Donald Trump. Celui-ci interdit l’entrée au pays des ressortissants de six pays à majorité musulmane.

Sur Twitter, le président Trump a salué cette décision judiciaire en évoquant « une fantastique victoire » pour le peuple américain. « Il faut qu’on soit durs et il faut qu’on soit en sécurité », a-t-il ajouté.

Les opposants à Donald Trump et à sa politique migratoire n’ont pas tardé à faire entendre leur voix.

Jeudi, près de 600 manifestants, en majorité des femmes, ont protesté à Washington. Enveloppées de couvertures de survie, comme celles distribuées aux enfants qui ont été séparées de leurs parents, ces personnes, dont l’actrice Susan Sarandon, ont pénétré dans un bâtiment du Sénat avant d’être arrêtées. D’autres manifestations similaires avaient également été organisées le même jour, notamment devant différents bureaux d’immigration ou gouvernementaux.

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