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Des dizaines de migrants retrouvés morts dans un camion en Autriche

La police autrichienne a retrouvé les corps en décomposition de dizaines de migrants jeudi dans un camion, un drame qualifié d'« avertissement » par la chancelière allemande Angela Merkel, qui participe avec d'autres leaders européens et des Balkans au sommet consacré à la crise des migrants, à Vienne.

Le véhicule se trouvait sur une aire de stationnement d'autoroute à 40 km de la capitale autrichienne, dans l'État du Burgenland, qui longe la frontière avec la Hongrie, selon la police.

Entre 20 et 50 corps ont été retrouvés dans le camion, mais le bilan exact était impossible à déterminer pour l'instant en raison de l'état des corps, selon la police. Des autopsies doivent avoir lieu à Vienne.

Le camion, d'où fuitaient « des fluides de corps en décomposition », est immatriculé en Hongrie et porte le logo d'une entreprise de volaille slovaque. Il avait quitté Budapest mercredi matin. Le véhicule a apparemment été abandonné mercredi et ses portes arrière avaient été laissées ouvertes.

Une journaliste de la chaîne britannique Channel 4 News a twitté qu'on pouvait sentir sur les lieux « une terrible odeur de mort ».

Les autorités hongroises disent que l'immatriculation associe le camion à un citoyen roumain de la ville centrale de Kecskemet. 

À Vienne, où elle participe à un sommet des pays de l'ouest des Balkans, la chancelière Angela Merkel s'est dite « bouleversée » par cette découverte.

L'Europe sommée d'agir

Les dirigeants européens et des Balkans réunis dans la capitale autrichienne tentent de trouver des solutions à l'arrivée massive de réfugiés sur leur territoire, en provenance notamment de Syrie et d'ailleurs au Moyen-Orient.

La Serbie et la Macédoine ont appelé l'Union européenne à agir pour régler la crise. Les deux pays sont parmi les plus importants points de passages des dizaines de milliers de migrants qui tentent de rejoindre l'Union européenne par les Balkans.

La police hongroise dit avoir intercepté 3241 migrants à sa frontière avec la Serbie pendant la seule journée de mercredi, ce qui établit un nouveau record. La Hongrie a entrepris d'ériger une clôture le long de sa frontière de 175 kilomètres avec la Serbie dans l'espoir de stopper l'afflux de réfugiés, mais cela ne semble avoir aucun effet pour l'instant.

De son côté, la Macédoine, qui a déclaré l'état d'urgence la semaine dernière, dit accueillir chaque jour 3000 nouveaux arrivants en provenance de la Grèce voisine.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé que son pays allait verser une aide de 1 million d'euros aux pays des Balkans de l'Ouest pour les aider à faire face à la crise. Il a, dans la foulée, appelé à réformer le système qui organise l'examen des demandes d'asile en Europe « pour distribuer les réfugiés équitablement au sein de l'UE ».

Il a appelé les dirigeants des pays des Balkans à expliquer à leurs citoyens qu'ils n'avaient « pratiquement aucune chance d'obtenir l'asile en Allemagne ». L'Allemagne est devenue la première destination européenne pour les migrants, en raison notamment de sa bonne santé économique.

Pour sa part, le ministre autrichien des Affaires étrangères a proposé la création de zones sûres où les demandeurs d'asile pourraient se rendre et, s'ils sont qualifiés, obtenir un passage vers l'Union européenne. Ces zones sûres seraient protégées par des soldats de l'ONU.

Le chancelier autrichien Werner Faymann a quant à lui souligné la responsabilité des trafiquants d'être humains.

Nombre record de migrants au Royaume-Uni

Par ailleurs, des données dévoilées jeudi révèlent que le Royaume-Uni a accueilli 330 000 migrants au cours de l'année qui s'est terminée le 31 mars. Il s'agit du plus haut total jamais annoncé, ce qui risque d'être problématique pour un gouvernement conservateur qui doit affronter une tempête politique à propos de l'immigration.

Le Bureau national des statistiques a précisé que 636 000 personnes sont arrivées pendant cette période de 12 mois, mais que 307 000 sont ensuite reparties.

Le premier ministre britannique, David Cameron, promet depuis longtemps d'abaisser la migration nette sous la barre des 100 000, ce que ses détracteurs jugent impensable.

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