Retour

Des écoutes embarrassantes pour le secrétaire à la Justice Jeff Sessions

Les services de renseignement américains ont intercepté des conversations entre l'ambassadeur russe à Washington et sa hiérarchie dans lesquelles il dit avoir parlé avec Jeff Sessions de la campagne présidentielle de 2016 pendant son déroulement, notamment de sujets importants pour Moscou, rapporte vendredi le Washington Post, citant des sources officielles à la Maison-Blanche.

Le secrétaire américain de la Justice, qui était alors conseiller diplomatique de Donald Trump, a reconnu avoir eu des contacts avec l'ambassadeur Sergueï Kisliak et a regretté de ne pas en avoir informé le Congrès, mais a assuré qu'ils ne portaient pas sur la campagne présidentielle.

Un membre de l'administration américaine ayant requis l'anonymat a confirmé à Reuters que les comptes rendus de deux conversations de Sergueï Kisliak avec Jeff Sessions avaient été interceptés par les services de renseignement, mais a jugé que ce n'était pas nécessairement compromettant pour le procureur général des États-Unis.

« La question est de savoir s'il a franchi la ligne et a parlé d'informations classées ou d'éventuels accords, par exemple sur une levée des sanctions si les Russes souhaitaient investir aux États-Unis ou s'ils avaient des choses sur [Hillary] Clinton », a ajouté un autre haut fonctionnaire au fait des écoutes.

En tant que secrétaire à la Justice, Jeff Sessions s'est déclaré incompétent en mars dans toutes les enquêtes sur les ingérences russes dans la campagne et les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de Trump.

Selon un membre du gouvernement cité par le Washington Post, il a fait des déclarations « trompeuses », qui ont été « contredites par d'autres faits ».

Citant un ancien haut fonctionnaire, le quotidien ajoute que Jeff Session et Sergueï Kisliak ont eu des discussions « importantes », notamment au sujet des positions de Trump sur les thèmes impliquant la Russie et les futures relations de Moscou avec son administration.

Dans un entretien publié mercredi par le New York Times, Donald Trump se dit déçu que le secrétaire à la Justice se soit récusé de l’enquête sur l’ingérence russe, mais une porte-parole de la Maison-Blanche a assuré le lendemain qu'il avait toujours confiance en lui, « sans quoi il ne serait pas procureur général ».

Plus d'articles

Commentaires