Moins de trois mois après les dernières élections législatives, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, convie ses concitoyens aux urnes le 1er novembre prochain. Le président Erdogan a, sans surprise, pris cette décision devant l'incapacité de son premier ministre, Ahmet Davutoglu, de constituer un gouvernement de coalition.

Le premier ministre Davutoglu, membre du parti islamo-conservateur de l'AKP, a été incapable de s'entendre avec le principal parti d'opposition, le CHP, sur la formation d'un gouvernement. Le CHP est une formation de centre gauche.

M. Davutoglu a indiqué, la semaine dernière, que l'éducation et la politique étrangère du pays constituaient les deux principaux points d'achoppement à la formation d'une coalition avec le CHP.

Les élus avaient jusqu'au 23 août pour former un gouvernement de coalition, mais devant l'échec des pourparlers le président Erdogan n'a pas attendu la date butoir pour engager le pays dans cette voie.

Au pouvoir depuis 13 ans, l'AKP a subi une défaite lors des dernières élections législatives de juin. Le parti du président Erdogan a ainsi perdu sa majorité parlementaire pour la première fois depuis son accession au pouvoir, en 2002.

Le président Erdogan tentera de regagner une majorité absolue afin d'éviter de devoir faire des concessions à l'opposition. Le succès du Parti démocratique des peuples (HDP), qui a remporté 79 sièges avec 13 % des suffrages, lors des dernières élections a miné les appuis à l'AKP.

Le parti du président tentera ainsi de reconquérir un électorat qui lui a retiré son appui lors du dernier scrutin. Le déclenchement de nouvelles élections législatives prolonge l'instabilité politique à un moment où Ankara a engagé « une guerre synchronisée contre le terrorisme ».

La Turquie a effectué des frappes contre le groupe armé État islamique (EI) en Syrie et contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les forces de sécurité auraient d'ailleurs arrêté plusieurs centaines d'activistes présumés en Turquie.

À l'instabilité politique s'ajoute l'instabilité économique. La livre turque a chuté à un creux historique à l'annonce de l'échec des négociations pour la formation d'un gouvernement de coalition. La livre turque a baissé de 8 % en un mois par rapport au dollar américain, et de 24,8 % depuis le début de l'année.

Plusieurs investisseurs espéraient un accord entre les deux formations pour éviter la prolongation de l'instabilité.

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