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Des élus de l'opposition attaqués au Venezuela

Des partisans du président du Venezuela, Nicolas Maduro, armés de barres de fer, ont pénétré mercredi dans l'Assemblée nationale du Venezuela contrôlée par l'opposition et attaqué plusieurs députés, rapportent des témoins.

Certains parlementaires ont commencé à quitter l'Assemblée nationale mercredi soir après y avoir été bloqués plusieurs heures, a-t-on appris auprès de témoins sur place.

Les parlementaires étaient en session pour marquer la journée de l'indépendance nationale.

En fin de matinée, plusieurs dizaines de personnes armées de barres de fer, de bâtons et de pierres, ont fait irruption dans l'Assemblée et s'en sont pris à des députés.

Au moins cinq élus de l'opposition ont été blessés. Des témoins évoquent des députés au visage ensanglanté cherchant la sortie dans les couloirs de l'Assemblée. Certains journalistes se sont fait voler leur matériel.

« Il y a des balles, il y a du sang, des voitures détruites, y compris la mienne », a dit le président de l'Assemblée, Julio Borges, à des journalistes à l'intérieur du bâtiment.

Le député le plus gravement touché, Americo De Grazia, a été frappé à la tête et s'est évanoui avant d'être conduit à l'hôpital. Sa famille a annoncé que ses jours n'étaient plus en danger.

Plusieurs détonations ont été entendues pendant toute la journée dans le bâtiment situé dans le centre de la capitale Caracas, résultant probablement de jets de pétards. Une cinquantaine de membres de la Garde nationale se sont postés devant les grilles du bâtiment pour empêcher de nouveaux manifestants d'entrer.

Après l'attaque survenue dans la matinée, une centaine de partisans du président, vêtus de rouge et criant « longue vie à la révolution! » ont empêché les élus, journalistes et invités présents de sortir.

« Nous sommes pris en otage », rapportait le député de l'opposition William Davila.

À l'extérieur, certains pro-Maduro ont brandi des armes, menacé de couper l'eau et l'électricité de l'Assemblée et diffusé des discours de l'ex-président socialiste Hugo Chavez, où l'on pouvait entendre « Tremble, oligarchie! ».

« Étranges » violences

Le centre de Caracas est traditionnellement un quartier favorable au gouvernement socialiste et les heurts entre partisans de Maduro et opposants y sont fréquents depuis la victoire de l'opposition aux législatives de décembre 2015.

S'exprimant lors d'une parade militaire célébrant l'indépendance nationale, Nicolas Maduro a condamné d'« étranges » violences à l'Assemblée et demandé l'ouverture d'une enquête. Mais il a également invité l'opposition à s'interroger sur la violence issue de ses rangs.

Le Venezuela vit depuis trois mois une période de troubles et de violentes manifestations antigouvernementales qui ont fait au moins 84 morts. De jeunes manifestants de l'opposition ont attaqué régulièrement les forces de sécurité avec des armes de fortune, déclenchant de violentes ripostes.

« Je veux la paix pour le Venezuela », a déclaré Maduro. « Je n'accepte de violence de personne. »

Plusieurs pays ont condamné les violences de mercredi, dont les États-Unis et la Grande-Bretagne.

L'opposition vénézuélienne prévoit d'organiser un référendum officieux dans deux semaines sur le projet controversé de réforme constitutionnelle du président Nicolas Maduro.

La Table de l'unité démocratique (MUD), qui entre dans un quatrième mois de manifestations contre un gouvernement socialiste qu'elle juge dictatorial, organisera ce vote le 16 juillet, deux semaines avant les élections constituantes du 30 juillet.

Ce scrutin vise à mettre en place une assemblée chargée de réécrire la constitution. Selon un récent sondage de l'institut Datanalisis, sept Vénézuéliens sur dix sont hostiles à une telle réforme.

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