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Des enfants dans des mines de cobalt pour alimenter nos piles et batteries

L'industrie des produits électroniques et automobiles est appelée à mieux vérifier d'où vient le cobalt utilisé pour la fabrication de piles et de batteries, un minerai trop souvent extrait dans des conditions dangereuses et parfois par des enfants, dénoncent Amnistie internationale et l'Observatoire africain des ressources naturelles, Afrewatch.

La République démocratique du Congo (RDC) assure à elle seule plus de la moitié de la production mondiale de cobalt, rappellent-ils dans un rapport rendu public mardi, et intitulé Voilà pourquoi on meurt : les atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo alimentent le commerce mondial du cobalt.

Selon une étude du gouvernement, 110 000 mineurs artisanaux travaillent dans les mines du Katanga, là où se concentre la production de cobalt en RDC. En pleine saison, leur nombre s'élève à 150 000. Parmi ces mineurs se trouvent des enfants parfois âgés d'à peine 7 ans, rappelle Amnistie.

Et peu importe leur âge, tous travaillent pour un salaire jugé dérisoire dans des galeries souterraines creusées avec des outils rudimentaires. Ils sont en plus exposés au risque de contracter des affections pulmonaires permanentes, ou pire, de mourir, poursuit le rapport.

Le paradoxe des multinationales

Lors de son enquête, Amnistie a demandé à 16 multinationales de révéler d'où provient le cobalt utilisé dans leurs batteries au lithium-ion, qu'elles achètent de fournisseurs chinois.

Toutes, sauf une, ont été incapables de nommer l'origine du controversé minerai qu'elles utilisent, y compris des entreprises comme Apple, Microsoft, Samsung et Mercedes.

Il n'y a pas qu'aux multinationales qu'Amnistie et Afrewatch demandent de revoir leur chaîne d'approvisionnement. Ils intiment aussi Pékin d'enquêter sur les compagnies minières chinoises qui font affaire à l'étranger, ainsi qu'à Huayou Cobalt, le principal fournisseur chinois de cobalt, de « révéler qui participe à l'extraction et au commerce de son minerai, et quels sont les sites d'extraction ».

La RDC regorge de ressources minières, mais reste l'un des États les moins développés au monde. La richesse du sous-sol contribue à alimenter les conflits armés qui déchirent depuis plus de 20 ans l'est du pays, en particulier les provinces du Nord et du Sud-Kivu, grosses productrices d'or, d'étain et de tungstène.

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