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Des forces libyennes s'attaquent à l'EI dans l'ancien fief de Kadhafi

En Libye, des forces liées au gouvernement d'union nationale soutenu par la communauté internationale poursuivent leur offensive destinée à reprendre Syrte, l'ancien fief de Mouammar Kadhafi tombé sous le contrôle du groupe armé État islamique (EI) à la fin de 2014.

Après être entrés dans la ville jeudi, les combattants, issus pour la plupart des milices de Misrata, tentent de se frayer un chemin jusqu'à son centre. Ils sont ralentis par des francs-tireurs installés sur des toits des immeubles et du centre de conférence Ouagadougou.

Ce centre, où Mouammar Khadafi organisait jadis de somptueux sommets de dirigeants arabes ou africains, est devenu le quartier général de l'organisation djihadiste, qui y organise notamment des sessions d'enseignement religieux et des cérémonies de remise de diplômes.

L'offensive contre l'EI est soutenue par les Gardes des installations militaires (PFG), qui ont aussi prêté allégeance au gouvernement d'union nationale. L'organisation dit avoir avancé depuis l'est pour prendre la ville de Harawa à environ 70 kilomètres à l'est de Syrte.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, a aussi laissé entendre dimanche que des forces spéciales américaines et françaises seraient sur le terrain pour participer à la lutte contre l'EI, mais cela n'est pas confirmé de sources officielles.

Le rôle des forces militaires demeurées fidèles au général Khalifa Haftar, lié au Parlement de Tobrouk, dans l'est du pays, est plus flou. Selon AP, des combattants liés à ce général ont été déployés au sud de Syrte. AFP laisse entendre qu'il s'agit plutôt d'unités dissidentes.

La réalité de la situation militaire sur le terrain demeure cependant confuse, en raison de l'absence de journalistes et de sources indépendantes sur le terrain.

Une coalition contre l'EI organisée tant bien que mal

L'EI avait réussi au cours des derniers mois à prendre le contrôle d'une bande de 200 kilomètres sur les côtes de la Méditerranée à partir de Syrte.

L'organisation s'y est incrustée à la faveur du chaos qui a marqué l'ère post-Kadhafi, et qui s'est soldé par l'installation de deux gouvernements rivaux, l'un basé dans la capitale, Tripoli, et l'autre à Tobrouk.

L'ONU et les puissances occidentales ont depuis appuyé la formation d'un gouvernement d'union nationale dirigé par le premier ministre Fayez Al-Sarraj.

Ce dernier, arrivé à Tripoli le 30 mars, a réussi à gagner plusieurs appuis, dont celui des milices de Misrata, autrefois liées au gouvernement de Tripoli, mais sans réussir à asseoir pleinement son autorité sur l'ensemble du pays.

Des forces islamistes basées à Tripoli et celles du général Haftar, à Tobrouk, refusent toujours de s'y rallier.

« Par les standards libyens, ce degré de coopération est plutôt remarquable », note néanmoins le spécialiste Mattia Toaldo, du Conseil européen des relations internationales. « Ce sont des gens qui se battaient les uns contre les autres jusqu'à l'an dernier. »

L'EI menacé sur tous les fronts

L'offensive contre Syrte se déroule au moment où l'EI se trouve également sous pression dans ses bastions syriens et irakiens.

En Syrie, l'armée a repris Palmyre et se rapproche de Raqqa, capitale autoproclamée du califat de l'organisation depuis le sud-ouest, tandis que les forces kurdes se rapprochent également de la ville à partir du nord-est.

En Irak, l'armée irakienne et des milices progouvernementales chiites tentent depuis quelques jours de reprendre Falloujah, après avoir repris Ramadi au début de l'année.

Cette offensive contre Falloujah, tout comme celle des Kurdes syriens en Syrie, reçoit l'appui de l'aviation militaire américaine et de ses alliés.

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