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Des manifestants pro et anti Maduro prennent Caracas d'assaut

De nouveaux affrontements ont éclaté jeudi dans les rues de Caracas, au Venezuela, entre les forces policières et des manifestants anti-Maduro galvanisés par l'opposition, sur fond de crise économique et de bras de fer au sommet de l'État.

La capitale vénézuélienne est de nouveau devenue le théâtre de heurts, alors que les autorités ont eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau afin de disperser les manifestants opposés au régime du président socialiste Nicolas Maduro. Ces derniers, dont beaucoup étaient masqués, ont répliqué en lançant des pierres. Près de 5000 antichavistes – du nom du défunt président et mentor de Maduro, Hugo Chavez – ont pris d’assaut l’autoroute principale de Caracas, avec l’intention de se rendre au centre de la ville.Pour parer à toute éventualité, les forces policières ont été déployées en grand nombre dans les rues de la capitale. Seize stations de métro ont été fermées et des barrages visant à bloquer l’accès aux manifestants ont été installés sur plusieurs artères importantes.Non loin du parlement, un regroupement d’une tout autre idéologie a choisi le même jour pour tenter de faire entendre sa voix. Les partisans de Maduro se sont rassemblés pour dénoncer l’ingérence étrangère dans la crise qui paralyse le pays depuis l’effondrement du prix du baril de pétrole, en 2014.Maduro tenu responsableLe Venezuela paye le prix de sa forte dépendance à ses ressources pétrolières, sa principale richesse, et le président socialiste peine à faire sortir le pays de ce marasme, au grand dam de la population.Le manque de devises, qui a entraîné un gel des importations, a provoqué d’importantes pénuries de denrées et a fait monter en flèche les prix des produits d’alimentation et d’hygiène.

Pour ajouter à la grogne populaire, Nicolas Maduro fait fi des demandes répétées d’un référendum révocatoire et d’élections anticipées de la part de l’opposition, qui a pourtant remporté les élections législatives de 2015.

Le chef d’État compte garder son siège jusqu’au prochain scrutin, en décembre 2018.

Bras de fer politique

Les manifestants anti-Maduro ont répondu à l’appel de l’opposition, lancé entre autres par le vice-président de l’Assemblée nationale, Freddy Guevara, après que la Cour suprême eut tenté de s’arroger les pouvoirs du Parlement.« Nous avons appelé le peuple du Venezuela à prendre la rue pour exiger le renvoi des magistrats et mettre en branle le processus citoyen qui va nous permettre de se faire entendre », a-t-il déclaré, entouré de manifestants.La situation s’est enflammée le 5 avril dernier alors que les membres de la Cour suprême, réputés pour être de mèche avec le président, ont tenté d’étouffer l’opposition à l’Assemblée nationale et d’octroyer davantage de pouvoirs constitutionnels à Maduro.Réunie dans une vaste coalition appelée la Table pour l’unité démocratique (MUD), l’opposition a rapidement crié à la tentative de coup d’État. Devant la pression et l’annonce de manifestations massives, la Cour suprême a renoncé à aller de l’avant avec ces propositions.Mercredi, l’opposition a tenté de faire passer un texte pour destituer les juges en question, mais cette initiative risque de mourir au feuilleton. Depuis janvier 2016, la Cour suprême a réussi à faire annuler toutes les décisions de l’Assemblée nationale.

Le clan Maduro se fragmenteMalgré l’appui d’une frange de la population, le président vénézuélien commence à perdre du terrain. La semaine dernière, la procureure générale Luisa Ortega, considérée comme une alliée du camp présidentiel, a dénoncé une « rupture de l’ordre constitutionnel ».La chef du parquet national s’est dite inquiète des violations de l’ordre constitutionnel qu’elle a relevées dans certaines décisions rendues par la Cour suprême.Le gouvernement de Maduro s’est empressé de nier ces accusations.

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