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Des milliers de manifestants demandent à l’Europe de soutenir la démocratie en Catalogne

Plusieurs dizaines de milliers de Catalans et de pro-indépendantistes ont manifesté jeudi à Bruxelles pour « réveiller » l'Union européenne (UE) face à la situation en Catalogne et pour montrer leur soutien au président catalan destitué, Carles Puigdemont, exilé en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires en Espagne.

Dans un bref discours à l’arrivée du cortège d’environ 45 000 manifestants, l’ancien président Puigdemont a d'ailleurs félicité la foule pour le succès de la marche.

« Est-ce que vous avez déjà vu quelque part dans le monde une manifestation comme celle-ci pour soutenir des criminels? Non », a-t-il lancé.

Le rassemblement survient à deux semaines des élections régionales du 21 décembre. Il avait aussi pour but de faire bouger l’UE, accusée par les manifestants de s’être rangée du côté de Madrid dans la crise.

Dans la foule de drapeaux rayés jaune et rouge, aux couleurs de la Catalogne, les manifestants scandaient : « Puigdemont pour président ». Plusieurs affiches étaient également adressées au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Elles disaient : « La démocratie? On la défend quand ça nous va bien ».

« On est venus demander à l'Europe de se réveiller et de voir qu'en Espagne il n'y a pas de démocratie », a expliqué Montserrat Mante, 73 ans, venue de Badalona, près de Barcelone. « Il faut que les pays de l'UE forcent un peu M. Rajoy [président du gouvernement espagnol] au dialogue et à accepter le résultat d'un référendum, quel qu'il soit ».

À quelques pas du rassemblement, au siège exécutif de l’UE, le numéro deux de la Commission européenne, Frans Timmermans, a évoqué l’attitude « très positive » des manifestants. Cependant, l’ancien ministre des Affaires étrangères néerlandaises a rappelé que, selon la Commission, il s’agissait d’une affaire interne espagnole et que l’UE n’avait donc pas besoin d’intervenir.

« Ce qui n'est pas permis dans l'État de droit, c'est de simplement ignorer la loi », a-t-il ajouté en référence au référendum du 1er octobre, maintenu par les indépendantistes malgré son interdiction par la justice espagnole.

De son côté, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz, a voulu se moquer de la situation.

« Habituellement, les candidats en campagne vont chercher les votes des électeurs; cette fois il semble que quelques électeurs de M. Puigdemont ont dû aller lui rendre visite », a-t-elle présenté depuis Madrid.

Carles Puigdemont et quatre de ses ex-ministres exilés avec lui en Belgique resteront pour le moment à Bruxelles, malgré le retrait par un juge espagnol des mandats d’arrêt européens qui les visaient.

L’ex-président et candidat à l’élection du 21 décembre souhaite attendre les résultats du vote avant d’annoncer un retour en Catalogne, craignant la réaction de Madrid advenant une victoire des indépendantistes.

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