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Des opposants au Brexit manifestent pour un deuxième référendum

Des dizaines de milliers d'opposants au Brexit ont manifesté dans les rues de Londres, samedi, afin de réclamer un nouveau référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), à l'occasion du deuxième anniversaire du vote.

Les manifestants ont défilé du centre-ville jusqu’au parlement, agitant des drapeaux de l’UE, du Royaume-Uni et de l’Irlande, aux côtés de bannières colorées appelant à un vote populaire sur l’éventuel accord de sortie du bloc politico-économique européen.

Sur les pancartes s'affichaient de nombreux slogans contre la sortie de l'UE ou contre le gouvernement : « Le Brexit détruit le Royaume-Uni », « Theresa, dis-nous la vérité », « Le Brexit n'est pas une affaire conclue ».

Organisée par l'association The People's Vote, cette marche marque le début d'une campagne d'actions qui doit durer tout l'été pour exiger une nouvelle consultation populaire.

Lors de ce premier rendez-vous, les organisateurs ont estimé la foule à environ 100 000 personnes. Une marche pro-Brexit a été organisée en guise de réponse, mais elle a réuni beaucoup moins de participants.

Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté à 52 % contre 48 % en faveur d'une sortie de l'Union européenne, un résultat serré qui illustre les divisions profondes que suscite la question.

James McGrory, l’un des organisateurs de la marche, affirme toutefois que l’opinion publique est en train de changer.

Dans un sondage de l'institut Survation pour la chaîne ITV publié vendredi, 48 % des personnes interrogées étaient favorables à un second référendum, tandis que 25 % s'y opposaient, et 27 % n'avaient pas d'opinion.

Les leaders conservateurs et l’opposition travailliste s’opposent officiellement à la tenue d’un second vote, même si beaucoup de leurs membres sont en désaccord avec cette position. Les plus petits partis, en incluant les verts et le Parti libéral-démocrate, sont quant à eux en faveur de cette proposition.

« C'est courant dans certains pays, comme en Suisse : vous votez d'abord sur le principe, puis vous votez sur le résultat final », a exposé le chef du Parti libéral-démocrate Vince Cable, présent à la marche.

Pour une coupure franche, avec ou sans accord

Des partisans parmi les plus proéminents du Brexit ont pour leur part demandé au gouvernement britannique de ne pas reporter sa séparation de l'organisation de 28 nations, ni de la faire à moitié.

Le secrétaire aux Affaires étrangères, Boris Johnson, a affirmé que la première ministre Theresa May devait réaliser un « Brexit complet », comme l'avaient exigé les électeurs.

Favorable à une rupture franche avec l'UE, il a mis en garde Mme May sur la nécessité de refuser un accord qui laisserait le pays « à moitié dans [l'UE] et à moitié hors » de l'UE, « contraint d'obéir aux règles européennes », dans une tribune publiée par le tabloïd The Sun.

À quelques jours d'un sommet européen à Bruxelles, l'inquiétude augmente quant à la progression des discussions. Divisé sur la question, le gouvernement britannique n'a pas encore dévoilé sa vision de la future relation avec l'UE après le Brexit, prévu le 29 mars 2019.

Le ministre du Commerce international, Liam Fox, s'est fait encore plus explicite.

Dans ce cas de figure, il a estimé que l'impact économique serait « sérieux pour plusieurs pays européens », citant l'Irlande, les Pays-Bas ou la Belgique.

Ces déclarations ont été condamnées par le directeur général de Siemens au Royaume-Uni.

« Tout cela est incroyablement inutile », a réagi Juergen Maier sur la BBC. « Ce dont nous avons besoin maintenant est de travailler avec nos partenaires européens et de trouver une solution pour un Brexit pragmatique qui fonctionne pour les deux parties. »

Vendredi, les dirigeants du groupe aéronautique Airbus et, dans une moindre mesure, du constructeur automobile allemand BMW, ont menacé de quitter le Royaume-Uni en cas d'absence sur le Brexit.

Le centre de recherche londonien Centre for European Reform (CER) a estimé dans une étude publiée samedi que le vote du Brexit, lors du référendum du 23 juin 2016, avait déjà coûté 2,1 points de croissance à l'économie britannique.

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