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Des personnalités liées au Qatar sur la liste noire des émirats du Golfe

Quatre pays arabes qui ont rompu cette semaine leurs relations avec le Qatar ont annoncé avoir placé sur leur liste noire du terrorisme 59 personnalités et 12 entités liées à l'émirat, dont le guide spirituel des Frères musulmans Youssef Al-Qaradaoui.

L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte ont rendu publique cette information dans un communiqué repris par l'agence de presse saoudienne SPA.

Les associations caritatives financées par l'État qatari sont également inscrites sur les listes des organisations soutenant le terrorisme, rapporte la chaîne Al-Arabiya.

Accusé de complaisance envers les islamistes et l’Iran, le Qatar a été mis au ban des monarchies du Golfe. Le pays promet toutefois de ne pas renoncer à sa souveraineté.

Le ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammed ben Abdoulrahman Al-Thani, a insisté jeudi sur une résolution pacifique de la crise, mais il s'est montré ferme. Le pays appelle au « dialogue et à la diplomatie ».

« Nous ne sommes pas prêts à nous soumettre, nous ne serons jamais prêts à abandonner la souveraineté de notre politique étrangère », a-t-il dit à la presse à Doha.

Trump adopte un ton plus modéré

Si les États arabes du Golfe ont accentué la pression sur le Qatar, les États-Unis ont adopté un ton plus modéré.

Dans sa seconde intervention sur le sujet, Donald Trump a appelé à lutter contre le terrorisme, lors d'une conversation téléphonique avec l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, indique la Maison-Blanche.

Le président américain avait d'abord pris le parti du camp saoudien. Mais, des responsables américains de la Défense ont tenu quelques propos élogieux sur Doha, conscients que le Qatar abrite une importante base militaire américaine.

Dans un autre appel avec le prince héritier d'Abou Dhabi, le cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahayan, Donald Trump a appelé à l'unité entre les États arabes du Golfe, « mais jamais au détriment de l'éradication du financement de l'extrémisme radical ou de la défaite du terrorisme ».

De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Djoubeïr, a déclaré que les États du Golfe étaient à même de résoudre le différend entre eux, sans aide extérieure.

Dans une interview à la BBC, l'ambassadeur des Émirats arabes unis en Russie, Saïf Ghobach, a jugé que le Qatar devait choisir entre soutenir l'extrémisme ou ses voisins, mentionnant avoir des preuves que le Qatar est en train de se coordonner avec Al-Qaïda en Syrie.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Anouar Gargach, a prévenu que de nouvelles restrictions économiques seraient imposées au Qatar, si nécessaire.

Le Qatar soutient des mouvements islamistes, mais dément soutenir le terrorisme. Il accueille notamment des membres des talibans afghans, du Hamas palestinien et du Front de salut islamique (FIS), un parti algérien dissous.

Al-Jazira cible d'une cyberattaque

Le quotidien saoudien Al-Watan a publié ce qu'il présente comme une liste de huit « organisations extrémistes » considérées comme travaillant à déstabiliser la région à partir du Qatar.

Parmi elles figure la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, qui a été la cible jeudi d'une vaste cyberattaque.

Cette attaque vise tous les systèmes de l'entreprise, les sites Internet et ses plateformes sur les réseaux sociaux, a-t-elle dit sur Twitter. Ses services continuent néanmoins de fonctionner, a-t-on souligné dans l'entreprise. Il s'agit de la troisième tentative de piratage d'Al-Jazira durant les 14 derniers mois.

L'Arabie saoudite a fermé lundi les bureaux d'Al-Jazira dans le pays, mesure imitée par les Émirats arabes unis, Bahreïn, l'Égypte et le Yémen.

Fondée en 1996 par le gouvernement du Qatar, Al-Jazira dispose de nombreux bureaux dans le monde et diffuse des informations en plusieurs langues, dont l'anglais.

La chaîne a notamment gagné en notoriété à l'occasion des soulèvements du « printemps arabe », dont elle a rendu compte en profondeur, donnant la parole aux voix de l'opposition dans des pays habitués à vivre sous des régimes autocratiques.

Son directeur général, Mostefa Souag, s'est engagé jeudi à maintenir l'indépendance rédactionnelle de la chaîne, en dépit des tensions et des pressions existantes.

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