D'importants changements sont nécessaires, selon des économistes cubains, pour que l'économie du pays devienne plus compétitive. Ceux-ci prônent notamment la fin de l'embargo américain, des investissements étrangers d'au moins 2 milliards de dollars américains par an, mais aussi une productivité accrue. 

Un texte de Martin Movilla, envoyé spécial à Cuba

Même si le pays a eu une croissance économique intéressante en 2015, catapulté par le tourisme, les accords avec les créanciers et les nouveaux investissements, Cuba a besoin de la coopération du gouvernement américain pour réussir sans problèmes ses rêves économiques.

Il faut aussi que les politiques économiques locales reflètent mieux la situation actuelle qui laisse une bonne marge de liberté et d'indépendance au secteur privé qui représente aujourd'hui 29 % de la force de travail du pays.

L'économiste Jose Angel Perez est un spécialiste du Centre mondial des études économiques, à La Havane. Il est convaincu qu'avec la fin de l'embargo américain, l'économie de son pays peut devenir l'un des meilleurs de la région.

L'économiste croit que le président américain, Barack Obama, peut faire davantage pour aider Cuba. En fait, pour les Cubains, l'embargo est surtout un « blocus » économique.

Selon M. Perez, Barack Obama pourrait profiter du nouveau « climat diplomatique » qui domine les relations entre les deux pays depuis décembre 2014 pour :

  • Autoriser l'utilisation du dollar américain pour les transactions internationales cubaines et permettre au système financier américain d'y participer;
  • Permettre l'ouverture de comptes bancaires aux États-Unis au gouvernement et compagnies cubaines;
  • Autoriser l'arrivée sur le territoire américain de bateaux et d'avions cubains qui transportent des passagers, du courrier et de la marchandise;
  • Permettre aux tiers pays d'exporter vers l'île les produits qui ont plus de 10 % de pièces américaines;
  • Autoriser les entreprises américaines à faire des investissements à Cuba.

Le point de vue de l'économiste cubain n'est pas loin de ceux des économistes américains, canadiens et européens qui sont convaincus que Cuba peut devenir un important pôle de développement et d'investissement si l'embargo est allégé ou simplement levé.

Mais aussi La Havane 

Cependant, les politiques américaines envers Cuba ne sont pas les seules responsables. Le gouvernement cubain a sa part de responsabilité et doit amorcer des changements constitutionnels, législatifs et même politiques - dans les prochains mois et années - s'il veut vraiment profiter du fait que le pays est « à la mode » dans le monde financier.

Chose certaine, dit Jose Angel Perez, tout doit se faire « sans mettre en risque le système socialiste ».

Plus d'articles