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Des rebelles syriens entrent dans une ville-clé contrôlée par le groupe État islamique

Des rebelles syriens arabo-turcs regroupés sous la bannière des Forces démocratiques syriennes (FDS) sont entrés lundi à Tabqa, une ville contrôlée par le groupe armé État islamique (EI), rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Tabqa est une ville hautement stratégique parce qu’elle constitue un verrou sur la route de Raqqa, située à 55 km au nord-est et capitale de facto de l’EI en Syrie, et qu’elle abrite le plus grand barrage hydroélectrique de Syrie.

Selon l’OSDH, un groupe basé à Londres mais qui dispose d’informateurs sur le terrain, les FDS « sont entrées pour la première fois à Raqqa », qui est encerclée « de toutes parts ». Elles ont « pris le contrôle de plusieurs points dans le sud et avancent à la périphérie ouest », précise-t-il.

Les FDS, composés majoritairement de combattants kurdes auxquels se sont adjoints des rebelles sunnites, sont appuyées dans les airs par la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Des conseillers militaires américains les appuient aussi au sol.

Selon l’OSDH, de violents combats sont en cours, et les djihadistes de l’EI, qui ont subi plusieurs revers ces derniers mois, tant en Syrie qu’en Irak, tentent de repousser les FDS. Les positions de l’EI sont en outre bombardées par des raids intenses de la coalition, ajoute-t-il.

L’un de ces raids a par ailleurs causé la mort, lundi, d’une famille composée de trois femmes et cinq enfants qui fuyaient en voiture, selon l’OSDH.

Les FDS ont lancé leur offensive visant à chasser l’EI de Raqqa le 5 novembre dernier. Ils ont commencé par grignoter de petites portions de territoires, jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de se lancer à l’assaut de Tabqa, en mars. Ils ont atteint les portes de la ville à la mi-avril.

Selon une étude du Syrian Economic Task Force, un groupe de réflexion basé à Dubaï, Tabqa compterait aujourd’hui 75 000 habitants, auxquels se sont ajoutés 10 000 combattants de l’EI et leurs familles venus de pays arabes ou occidentaux.

Sa population était cependant évaluée à 250 000 habitants avant que la guerre n’éclate, en mars 2011.

Le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU a récemment prévenu qu’il est crucial que le barrage de Tabqa ne fasse pas les frais de combats, puisqu’un bris pourrait entraîner des « inondations à grande échelle sur Raqqa et dans [la province de] Deir Ezzor ».

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