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Des républicains pressent leur parti de cesser de financer Trump

Plus de 70 vétérans du Parti républicain demandent au président du parti, Reince Priebus, de cesser d'investir dans la campagne présidentielle de Donald Trump pour se concentrer exclusivement sur les courses au Congrès.

« Cela ne devrait pas être une décision difficile puisque les chances de Donald Trump d'être élu président s'évaporent de jour en jour », peut-on lire dans une lettre qu'ils ont signée et qui circule dans les rangs républicains.

Selon le site Politico, qui a révélé son existence jeudi, la lettre est une initiative parrainée notamment par Andrew Weinstein, ancien responsable des relations de presse de la campagne à la présidence de Bob Dole et de l'ex-président du Congrès Newt Gingrich.

Signée par d'anciens élus du parti au Sénat et à la Chambre des représentants ainsi que par d'anciens employés du parti, elle devrait être expédiée à Reince Pribus la semaine prochaine.

Donald Trump est « diviseur, imprudent et incompétent », concluent-ils, et son « impopularité record risque de transformer cette élection en raz-de-marée démocrate ».

La lettre évoque une série de bourdes de M. Trump qui ont eu pour effet « d'aliéner des millions d'électeurs de tous les partis », dont ses attaques contre la famille d'un vétéran décoré et sa déclaration invitant la Russie à pirater les courriels de son adversaire Hillary Clinton.

« Ces outrages s'inscrivent dans la foulée d'une campagne construite sur la colère et l'exclusion, pendant laquelle il s'est moqué et a offensé des millions d'électeurs, dont des handicapés, des femmes, des musulmans, des immigrants et des minorités », soulignent-ils.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

Des défections qui se multiplient

La presse américaine fait de plus en plus écho aux commentaires de républicains qui craignent que la campagne de Trump n'ait une incidence majeure sur les courses au Congrès, dont les deux chambres sont dominées par le parti.

Tous les élus de la Chambre des représentants et un tiers des sénateurs sollicitent un nouveau mandat. Une douzaine de postes de gouverneurs sont aussi en jeu, dont quatre qui sont présentement occupés par des républicains.

En une de son édition de vendredi, le Washington Post évoque par exemple le cas du milliardaire Paul Singer, qui avait investi à lui seul 1 million de dollars dans la campagne présidentielle du républicain Mitt Romney en 2012.

À la fin du mois de juin, M. Singer avait investi 7 millions de dollars dans le cycle électoral actuel, mais uniquement dans des groupes de financement qui investissent dans des courses au Congrès. Il n'a pas versé un sou à la campagne de M. Trump.

Les richissimes frères Charles et Donald Koch, qui soutiennent le Parti républicain à coups de centaines de millions de dollars depuis des années, ont aussi annoncé qu'ils n'investiraient pas dans la campagne de M. Trump, se concentrant plutôt sur les courses au Congrès.

Plus tôt cette semaine, le New York Times a révélé que les donateurs qui avaient versé au moins 200 $ dans les campagnes des républicains défaits Jeb Bush, John Kasich, Chris Christie et Lindsey Graham ont retourné leur veste et investissent désormais dans la campagne de Mme Clinton. Une bonne partie des donateurs de Marco Rubio ont fait de même.

Selon les chiffres publiés par la Commission fédérale électorale, les donateurs des candidats républicains qui ont baissé pavillon ont ainsi investi 2,2 millions dans la campagne de Mme Clinton, contre 600 000 $ dans celle de M. Trump.

La semaine dernière, le président du Congrès, le républicain Paul Ryan, a aussi écrit aux donateurs du parti pour souligner qu'ils ne devaient pas tenir pour acquis la majorité du parti au Congrès et ainsi donner un « chèque en blanc » à Mme Clinton.

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