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Détournement de fonds : Christine Lagarde se défend de toute « négligence »

Dès l'ouverture de son procès devant la justice française, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a fermement nié avoir fait preuve de négligence dans l'affaire Bernard Tapie.

« Ai-je été abusée? Avons-nous été plusieurs à être abusés? Si oui, par qui? Nous le saurons peut-être un jour, moi je souhaite le savoir. Ai-je été négligente? Non », a déclaré Mme Lagarde en donnant le ton à la suite des procédures judiciaires.

L'ex-ministre de l'Économie et des Finances, de 2007 à 2011, et actuelle patronne du FMI, Christine Lagarde est accusée de négligence autour du processus d'arbitrage qui a octroyé 404 millions d'euros (563 millions $ CAN) en fonds publics au magnat Bernard Tapie.

L'homme d'affaires, un proche du président Nicolas Sarkozy en 2008, reprochait à la banque publique Crédit Lyonnais de l'avoir floué en lui achetant l'équipementier sportif Adidas pour 315,5 millions d'euros (440 millions $ CAN) en février 1993, pour le revendre plus de deux fois plus cher en 1994.

Pour mettre fin à ce conflit judiciaire, le ministère de l'Économie, chapeauté par Mme Lagarde, avait choisi en 2007, contre l'avis d'un organe consultatif, de recourir à un arbitrage privé. Les juges arbitraux avaient accordé l'année suivante à Bernard Tapie plus de 404 millions d'euros tirés de deniers publics. Cette sentence arbitrale a cependant été annulée par la justice civile au début de l’année 2015. Bernard Tapie a été ainsi condamné à rembourser les 404 millions d'euros.

Les juges d'enquête reprochent à la patronne du FMI d'avoir commis des erreurs graves, notamment le choix d'aller en arbitrage et le refus de contester le montant du dédommagement. On la soupçonne d'avoir été influencée par les liens politiques entre MM. Tapie et Sarkozy.

D'autres priorités

Mme Lagarde est jugée devant la Cour de justice de la République (CJR), spécialement créée pour juger ministres et ex-ministres pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions. Lors de son procès, Mme Lagarde s'est décrite en ministre préoccupée des grandes questions macroéconomiques et internationales, confrontée aux débuts d'une crise financière majeure, à la tête d'un ministère gigantesque.

Cette histoire d'arbitrage n'est pas une priorité [à l'époque].

Christine Lagarde

Elle a aussi affirmé avoir agi en conscience et en confiance avec pour seul objectif « l'intérêt général » et s'est dite « profondément choquée » par la sévérité des accusations.

À sa décharge, il a été relevé que le recours à l'arbitrage se préparait avant l'arrivée au gouvernement de celle qui était avocate au sein d'un prestigieux cabinet anglo-saxon, et qu'elle n'avait pas de « relations personnelles » avec les acteurs du dossier. L'ex-ministre n'est par ailleurs pas intervenue dans le choix, très controversé, des arbitres.

Selon l'AFP, Christine Lagarde s'est retirée de ses fonctions au sein du FMI le temps du procès, sans toutefois se prononcer sur les conséquences d'une éventuelle condamnation. La dirigeante risque une peine jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros (20 905 $ CAN) d'amende.

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