C'est l'escalade au Venezuela, au deuxième jour de la grève générale soutenue par les principales centrales syndicales. Et les heurts ont fait deux autres victimes. L'opposition défie le pouvoir du président Nicolas Maduro qui avait interdit les manifestations contre l'élection dimanche de l'Assemblée constituante, mais qui lui propose maintenant de dialoguer.

Un homme de 49 ans et un adolescent de 16 ans sont morts jeudi au deuxième jour de la grève générale. Le décès de Leonardo Gonzalez est survenu dans l’État de Carabobo, dans le nord du pays. L'adolescent a quant à lui été blessé par balle lors d'une manifestation mercredi.

Ces décès porte à 108 le nombre de morts depuis le début de la vague de manifestations contre M. Maduro, au début du mois d'avril.

Le gouvernement vénézuélien a interdit, à compter de vendredi, les manifestations publiques et autres rassemblements à travers le pays. Les contrevenants encourent des peines allant de cinq à dix ans de prison.

« Sont interdits : les réunions et manifestations publiques, les rassemblements et tous les événements de même nature susceptibles de perturber ou d'affecter le déroulement normal du processus électoral », a déclaré le ministre de l'Intérieur, le général Nestor Reverol.

Faisant fi de cette interdiction, l’opposition a appelé jeudi à défier le président Nicolas Maduro et à manifester contre le scrutin de dimanche, alors que le pays est paralysé par une grève générale depuis deux jours.

Dans l'ensemble, l'appel à débrayer semblait moins suivi que la grève de 24 heures de la semaine dernière au cours de laquelle cinq personnes ont perdu la vie.

Jeudi, certains quartiers de la capitale étaient pratiquement déserts, avec des rues barricadées.

Comme mercredi, ils ont érigé des barricades de déchets, de pierres, de carcasses de voitures et de matériaux divers dans plusieurs villes, dans le cadre d'une grève générale de deux jours.

Les entreprises publiques, notamment la compagnie pétrolière Petroleos de Venezuela SA, sont cependant restées ouvertes, tandis que dans certains quartiers ouvriers, l'activité économique restait importante.

Vols annulés

Conséquence de l’escalade de violence au Venezuela, la compagnie aérienne colombienne Avianca a suspendu jeudi ses vols entre les deux pays, sans attendre la mi-août comme il était prévu.

Le départ d’Avianca intervient après ceux d’Air Canada et Aeroméxico dès 2014, Alitalia en 2015, GOL, Latam et Lufthansa en 2016 et United Airlines en 2017, isolant un peu plus le Venezuela.

Selon Soraya Benitez, du Canada Venezuela Democracy Forum, le gouvernement Maduro a exercé cette fois des pressions importantes sur les fonctionnaires et les grandes entreprises du pays pour que l’activité soit maintenue.

L'opposition vénézuélienne a lancé un appel à une grève générale de deux jours, mercredi et jeudi, pour protester contre le projet d'Assemblée constituante du président socialiste Nicolas Maduro.

L'Assemblée constituante, dont les 545 membres doivent être élus lors d’un scrutin national le 30 juillet, vise officiellement à apporter la paix et la stabilité économique dans le pays en proie à d’importantes tensions intérieures et à un effondrement économique aggravé par la chute des prix du pétrole.

Une constitution sur mesure

Le président Maduro tient fermement à l'élection, dimanche, de cette Assemblée constituante qui sera chargée de rédiger une nouvelle constitution.

Selon lui, il s’agit du seul moyen de ramener la paix au Venezuela après quatre mois de manifestations violentes contre son gouvernement.

Mais pour l'opposition, qui réclame à grands cris le départ du président Maduro, successeur d’Hugo Chavez, cette Assemblée constituante ne sera qu’un instrument destiné à doter le gouvernement d'une constitution fidèle à ses intérêts, qui lui permettra de surcroît de contourner les pouvoirs de l’Assemblée nationale vénézuélienne. L'Assemblée est contrôlée par l’opposition depuis 2015, après 17 ans de domination du parti d’Hugo Chavez.

Selon plusieurs sondages réalisés dans le pays, le projet de Constituante du gouvernement n'obtiendrait qu'un faible appui dans la population. Pour l’opposition, ce projet est carrément une atteinte à la démocratie.

Washington hausse le ton

Les États-Unis ont ordonné jeudi aux familles des diplomates en poste à Caracas de quitter le Venezuela, en raison de la crise politique et des violences qui secouent le pays, indique un communiqué du Département d'État.

Les employés locaux de l'ambassade et leurs familles se sont également vu imposer des restrictions à leurs déplacements, selon le même communiqué.

Washington a annoncé l’imposition de sanctions contre 13 dirigeants vénézuéliens, notamment pour corruption et violations des droits de la personne.

Les sanctions américaines comprennent un gel de leurs avoirs aux États-Unis, une interdiction d'entrée sur le territoire américain et une interdiction pour les Américains d'être en relation d'affaires avec eux.

Selon un responsable américain, d’autres sanctions contre le pouvoir vénézuélien, plus sévères encore, sont à prévoir.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine