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Deux Canadiens parmi les passagers du vol d'EgyptAir

Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion a confirmé que deux citoyens canadiens étaient à bord du vol 804 qui s'est abîmé en mer Méditerranée dans la nuit de mercredi à jeudi.

Une de ces personnes s'appelle Marwa Hamdy, selon EgyptAir. Une amie de sa famille affirme qu'elle est originaire de Saskatoon et vivait au Caire depuis dix ans, où elle a épousé un Égyptien.

Aucun autre passager n'était identifié comme canadien sur le manifeste de vol. Le deuxième citoyen canadien pourrait toutefois être détenteur d'une double nationalité et avoir voyagé avec un passeport d'un autre pays. Avec les autorités égyptiennes et françaises, Ottawa vérifie s'il y a d'autres victimes canadiennes.

« Des agents consulaires ont été dépêchés immédiatement à l'aéroport et sont entrés en contact avec des organismes gouvernementaux pour valider les faits et fournir le soutien le plus efficace possible aux familles », précise-t-il.

Selon EgyptAir, l'appareil transportait aussi 30 Égyptiens, 15 Français, 7 membres d'équipage et 3 agents de sécurité.

La liste des passagers précise qu'une dizaine d'autres passagers européens, asiatiques ou africains se trouvait aussi à bord de l'appareil, dont un enfant et deux bébés.

La piste terroriste privilégiée

Les raisons de l'écrasement de l'appareil, qui effectuait une liaison Paris-Le Caire, ne sont pas connues pour l'heure. Bien qu'il soit trop tôt pour tirer des conclusions, le ministre égyptien de l'Aviation, Cherif Fathi, avance qu'un acte terroriste est plus probable qu'une défaillance technique. Selon M. Fathi, aucun des passagers ne présentait de menace pour la sécurité, mais leur profil sera étudié plus minutieusement, a-t-il dit.

Sans écarter aucune hypothèse, le pilote de ligne et expert en aviation civile Jean Lapointe privilégie également la théorie d'un acte terroriste. « Le fait que les pilotes n'aient pas eu le temps d'envoyer aucun signal de détresse aux contrôleurs aériens, c'est questionnant », a-t-il indiqué en entrevue à ICI RDI.

« Lorsque c'est un problème interne à l'avion, à l'un de ses systèmes, que ce soit hydraulique, électrique ou autre, les pilotes sont entraînés pour faire face [à ce genre de situation] et ça n'entraîne pas une désintégration ou un écrasement subit », explique le pilote.

M. Lapointe précise que l'appareil, un Airbus 320, est un appareil fiable et éprouvé. « C'est un appareil qui vole depuis une trentaine d'années, il y en a des milliers d'exemplaires », ajoute-t-il.

« Alors ce matin, nous sommes plusieurs à penser que si les informations qui nous sont données - que l'avion a piqué du nez et est descendu à des vitesses vertigineuses - [c'est qu'il] y a eu un problème avec la structure de l'avion. »

M. Lapointe avance que les enquêteurs doivent scruter à la loupe la vie de chacun des membres du personnel qui ont approché l'appareil à l'aéroport Charles-de-Gaulle à Paris. Les équipes de nettoyage, de ravitaillement et celles des traiteurs qui ont livré la nourriture en prévision du vol feront l'objet d'enquêtes.

« Le pilote n'a fait état d'aucun problème »

L'appareil, qui avait décollé de l'aéroport de Paris mercredi soir, a disparu au moment où il survolait la mer Méditerranée entre l'île grecque de Karpathos et les côtes égyptiennes.

Cela s'est produit deux minutes après qu'il eut quitté l'espace aérien grec, selon le directeur de l'Aviation civile grecque, Kostas Litzerakis. « Le pilote n'a fait état d'aucun problème », a-t-il ajouté, alors que des informations contraires avaient circulé auparavant.

EgyptAir avait précédemment indiqué que l'avion avait lancé un signal de détresse, deux heures après sa disparition des écrans radars. Mais le ministre égyptien de l'Aviation civile a déclaré qu'après vérifications, aucun SOS n'avait été reçu.

Le dernier contact entre le pilote du vol 804 d'EgyptAir est intervenu à 2 h 48, à l'heure de la Grèce, au moment où l'équipage était autorisé à quitter l'espace aérien grec. « Le pilote était de bonne humeur et a remercié le contrôleur en grec », précise la Direction de l'aviation civile et le ministère de la Défense grecs.

Le contrôleur a ensuite tenté de contacter le pilote à 3 h 27 pour confier la responsabilité du vol au contrôle aérien du Caire. Malgré des appels répétés, le pilote n'a pas répondu. Le contrôleur a alors basculé sur la fréquence d'urgence, mais le pilote n'a jamais répondu.

L'appareil est localisé à 3 h 29 au point de sortie de l'espace aérien grec.

À 3 h 39, alors qu'il se trouvait à 280 km au nord de ville portuaire égyptienne d'Alexandrie et volait à son altitude de croisière de 11284 mètres, l'appareil a brusquement effectué un virage de 90° vers la gauche puis un second de 360° vers la droite avant de plonger de 7000 mètres.

L'avion a disparu des écrans radars au moment où il se trouvait à 3000 m d'altitude.

La disparition de l'avion a été signalée environ 20 minutes avant l'heure prévue de son atterrissage. La dernière communication a quant à elle été enregistrée 10 minutes plus tôt.

Les bulletins météo démontrent que le temps était clair au moment de la disparition de l'appareil.

L'appareil est un Airbus A320, livré à la société en novembre 2003. L'avion comptait quelque 48 000 heures de vol. La société Airbus s'est dite prête à fournir toute l'assistance technique nécessaire à l'enquête en cours.

Un pilote d'expérience était aux commandes de l'appareil, selon EgyptAir, ajoutant qu'il détenait plus de 6000 heures de vol, son copilote en ayant pour sa part presque 3000.

Pas de débris retrouvés, contrairement à ce qu'on avait cru

À la tombée de la nuit, les équipes de recherche n'avaient pas encore repéré des débris, réfutant le signalement de vestes de sauvetage et d'autres éléments flottants.

L'information diffusée au départ par EgyptAir, selon laquelle on avait retrouvé des débris là où se serait abîmé l'appareil, a par la suite été réfutée, tant par le président du Comité grec de sécurité aérienne que par son homologue égyptien. Les débris qu'on avait aperçus « ne proviennent pas d'un avion », a indiqué le responsable grec.

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