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Deux millions de pèlerins se préparent au rituel de la lapidation à La Mecque

Une foule gigantesque de musulmans s'est rassemblée dimanche sur le mont Arafat, encadrée par un dispositif de sécurité renforcé, après la tragédie qui avait coûté la vie à près de 2300 pèlerins l'an dernier.

Le rassemblement sur le mont Arafat constitue l'étape la plus importante du pèlerinage de La Mecque, en Arabie saoudite, auquel ont pris part plus de 1,85 million de pèlerins musulmans, dont plus de 1,35 million viennent de l'étranger, selon les autorités.

Après avoir commencé le pèlerinage samedi, dans la vallée de Mina, les fidèles se sont dirigés vers la plaine de Mouzdalifa, tout en ramassant des cailloux en préparation au rituel de la lapidation des stèles de Satan.

Certains pèlerins ont parcouru à pied les quelques kilomètres qui séparent le mont Arafat de Mouzdalifa, et des dizaines de bus formaient un embouteillage monstre. Des camions stationnés à divers endroits permettaient à la foule de se ravitailler en eau.

Plus tôt dans la journée, les pèlerins s'étaient massés vers la grande mosquée Namira et le mont de la Miséricorde.

Pour la première des cinq prières de la journée, au lever du soleil, ils étaient déjà des milliers accroupis, debout ou escaladant les marches du mont Arafat.

Pour Ahmed Salmane, un comptable égyptien, il s'agit du plus beau jour de sa vie. « Je me trouve au plus bel endroit au monde », estime-t-il, là où rêvent de se rendre plus d'un milliard de musulmans du monde entier, selon lui.

Pour Chadli Rouissi, un Tunisien de 61 ans, tous les pèlerins, de toutes les couleurs et parlant toutes les langues, sont réunis à La Mecque pour la même chose : « glorifier Dieu ».

Tout musulman bien portant qui en a les moyens doit effectuer au moins une fois dans sa vie le grand pèlerinage à la Mecque, le hajj. Certains n'en sont pas à leur premier, comme Mohammad Khyara, un Syrien de 51 ans qui l'effectue pour la quatrième fois.

Des drones pour surveiller le mont Arafat

Deux jeunes femmes maliennes, Khadija Béchir et Soumaya, ont affirmé que tout était bien organisé, qu'elles se sentaient à l'aise et profitaient totalement de leur pèlerinage.

Des policiers, à pied, à moto ou à bord de véhicules, réglaient la circulation et dirigeant la foule, dimanche, tandis que les hélicoptères surveillaient le mont Arafat.

Les autorités saoudiennes ont déployé des drones pour surveiller la foule, en plus du réseau de surveillance électronique, afin de permettre une intervention rapide en cas d'incident et ainsi éviter de répéter le scénario de l'an dernier.

Une gigantesque bousculade causant la mort de 2300 personnes s'était produite lorsque deux groupes de pèlerins étaient arrivés au même moment à un carrefour à Mina, à quelques kilomètres à l'est de La Mecque, alors qu'ils se rendaient à Djamarat pour la lapidation rituelle du diable. 

Le bilan annoncé par Riyad faisait état de 800 morts, mais sur la base du décompte des corps rapatriés dans les différents pays, il y aurait eu plus de 2000 morts.

L'Aïd el-Adha, ou fête du sacrifice, et le rituel de la lapidation se tiennent cette année à partir de lundi. Durant ce rituel, qui comporte des risques, les pèlerins lancent symboliquement des pierres sur des stèles représentant Satan.

L'Arabie saoudite, gardienne des sites les plus saints de l'islam, a pour mission d'organiser le pèlerinage. Toutefois, l'Iran, dont 400 ressortissants avaient péri l'an dernier, a remis en cause ce rôle cette semaine dans le cadre du différend entre les deux pays sur la manière dont a été géré le drame de l'an dernier.

D'ailleurs, pour la première fois en près de 30 ans, aucun contingent de fidèles n'est venu en provenance de l'Iran. Ils ont préféré converger vers la ville sainte chiite de Kerbala, en Irak, pour y accomplir un pèlerinage de substitution.

L'Arabie sunnite a accusé l'Iran chiite de chercher à politiser le pèlerinage à La Mecque.

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