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Deux Noirs arrêtés sans raison chez Starbucks : le chef de la police de Philadelphie s'excuse

Après le patron de Starbucks, lundi, c'était au tour du chef de la police de Philadelphie, jeudi, de présenter ses excuses aux deux jeunes Noirs arrêtés la semaine dernière dans un café de la chaîne.

Le 12 avril, Rashon Nelson et Donte Robinson, tous deux âgés de 23 ans, se sont rejoints au café Starbucks du quartier Rittenhouse, dans le centre de Philadelphie. Les deux entrepreneurs, qui attendaient une troisième personne, se sont installés à une table quand un employé de l'établissement est venu leur demander si on pouvait les aider.

Ils lui ont expliqué qu'ils préféraient attendre que leur invité arrive avant de passer leur commande.

Quelques minutes plus tard, des policiers sont entrés dans le café, se sont dirigés vers eux et leur ont passé les menottes. La direction avait appelé la police pour les contraindre à quitter les lieux.

La scène a été filmée par une cliente, puis relayée sur les réseaux sociaux. L'arrestation, lors de laquelle les deux jeunes hommes sont demeurés calmes, est vite devenue virale et a donné naissance au mot-clic #boycottstarbucks en plus de susciter une série de manifestations.

Jeudi, le chef du service de police de Philadelphie, Richard Ross, lui-même un Noir, a déclaré avoir « piteusement échoué ». Il avait dans un premier temps défendu les policiers concernés, indiquant qu'ils n'avaient « rien fait de mal ».

« Alors que nous travaillons pour rendre cette ville meilleure et plus sûre, nous devons reconnaître qu'il y a encore des choses à faire. Cela commence par le sommet, et cela commence par moi », a-t-il ajouté lors d'un point de presse.

Ce policier expérimenté, qui dirige depuis janvier 2016 le service de police de la sixième ville la plus peuplée des États-Unis, a ajouté qu'une nouvelle politique avait été instaurée par ses services en cas d'incidents similaires, sans la détailler.

Des détails émergent

En entrevue à la chaîne ABC, jeudi matin, Rashon Nelson et Donte Robinson sont revenus sur l'incident.

Quand la police est arrivée, « je me suis dit : ça ne peut pas être pour nous », a raconté M. Nelson.

« Ils nous ont dit de partir. Il n'y a eu aucune question comme : "Y a-t-il eu un problème entre vous et le gérant? Que s'est-il passé?" »

« On ne nous a pas lu nos droits [...] Juste passé les menottes, dans le dos, et ensuite dehors, dans une voiture de police », a ajouté M. Robinson.

« On veut s'assurer que ça n'arrivera plus à personne », avait déclaré M. Robinson avant de recevoir les excuses de Richard Ross. « Et si ce n'était pas nous d'assis là? Et si c'était un gamin qui ne connaît pas quelqu'un qui connaît quelqu'un? Est-ce qu'il se serait rendu en prison? Est-ce qu'il serait mort? Que se serait-il passé? »

Les excuses de M. Ross s'ajoutent à celles offertes lundi par Kevin Johnson, PDG de Starbucks. Le groupe a annoncé que ses plus de 8000 cafés aux États-Unis fermeraient l'après-midi du 29 mai pour une formation sur le racisme à laquelle devraient participer quelque 175 000 employés.

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