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Deux Saguenéennes au cœur du référendum catalan

Deux femmes originaires du Saguenay sont en Catalogne en ce jour de référendum sur l'autodétermination de cette région d'Espagne. Et elles sont aux premières loges.

Un texte de Priscilla Plamondon-Lalancette et Denis Lapierre

Vicky Côté y accompagne son conjoint catalan qui a tenu à être sur place pour voter.

La directrice du théâtre À Bout Portant de La Baie admet que la tension est grande dans la capitale, Barcelone, mais ajoute qu’elle a surtout vu des gens sereins qui tenaient à exercer leur vote, déclaré illégal par le gouvernement de Madrid.

« Du moment où il n’y a pas de police, tout se déroule de façon extrêmement pacifique », affirme Vicky Côté qui se déplace dans la ville depuis tôt, ce matin. « Les gens attendent simplement à côté des endroits de vote, à proximité, pour s’assurer que les policiers ne viennent pas voler les urnes ».

Même si elle n’a pas assisté aux débordements survenus ailleurs dans la ville, où des personnes ont été blessées lors d’altercations avec les forces policières, Vicky Côté se dit secouée par le comportement des escouades policières qui s’en prennent aux votants venus défendre pacifiquement leur droit fondamental. « J’ai mal à ma démocratie », soutient la Baieriveraine.

Ballet d’hélicoptères

Pour sa part, Anne-Marie Pilote est sur place à titre d’observatrice internationale accréditée par l’Association des municipalités indépendantistes de Catalogne. Elle a pu ainsi visiter plusieurs secteurs de la région.

Elle a passé la journée à Gérone, bastion indépendantiste situé au nord-est de Barcelone, à l’invitation de la mairesse de la ville qui souhaite que les observateurs témoignent du déroulement du scrutin.

Anne-Marie Pilote admet que la nuit dernière a été difficile, en raison du passage incessant des hélicoptères des forces espagnoles, qui braquaient leurs projecteurs sur les bâtiments protégés par la population où les bureaux de vote avaient été aménagés.

Mais elle estime que la population catalane a donné une leçon de démocratie au gouvernement espagnol.

« Je pense que Madrid a perdu à ce jeu parce que la répression, c’est une arme à deux tranchants », estime Anne-Marie Pilote. « Ça peut inspirer la peur et paralyser l’action, ou encore susciter l’indignation et accroître la détermination et la combativité, et c’est vraiment ce qui s’est passé ».

Le vote a pris fin à 20 h, heure de Barcelone (14 h, heure du Québec).

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