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Donald Trump doit tenir tête à la Russie, estime Obama

C’était pour les deux chefs d’État une dernière occasion d’exprimer au monde « la profonde amitié » qu’ils ont tissée durant les huit années de la présidence Obama.

Le président sortant a déclaré que, parmi les plus proches alliés des États-Unis, Angela Merkel était la seule qui restait depuis le début de sa présidence. « Je n'aurais pu compter sur plus stable et plus fiable partenaire sur la scène internationale », a-t-il dit.

Une rencontre sous le signe de la bonne entente, donc. Et avec des allures de finale pour M. Obama qui fera vendredi, à Berlin toujours, ses adieux aux dirigeants de la France, de l'Italie, de l'Espagne et de la Grande-Bretagne.

Mais autant dans leur allocution respective que dans leurs réponses aux journalistes, l’ombre de Donald Trump planait sur le président sortant et la chancelière allemande, dont on saura dans les jours à venir si elle sollicitera un nouveau mandat.

Obama, « prudemment optimiste »

Relativement à la Russie, Barack Obama a déclaré sans ambages qu’il ne s’attendait pas à ce que le président élu imite en copie conforme son approche. Mais j’espère, a affirmé en substance le président sortant, qu’il n’optera pas pour une politique à courte vue, se contentant de conclure avec Moscou des transactions commodes sur le coup, au détriment des populations.

M. Obama a cité la « violation des normes internationales », le risque de rendre « des pays plus petits vulnérables » ou de créer des problèmes sur le long terme dans des régions comme la Syrie ».

« C'est un sujet sur lequel nous aurons plus d'informations au fur et à mesure que le président désigné composera son équipe », a estimé M. Obama qui se dit « prudemment optimiste » quant à l'avenir de son successeur dans le bureau ovale de la Maison-Blanche.

Angela Merkel entend pour sa part « continuer à coopérer » avec Washington, en faisant preuve « d’ouverture d’esprit » vis-à-vis de la future administration Trump.

Au lendemain de la surprenante victoire électorale de ce dernier, la chancelière lui avait assuré sa collaboration tout en lui rappelant les valeurs liant l 'Allemagne à l'Amérique : « la démocratie, la liberté, le respect de l'état de droit, la dignité humaine ».

Moscou, Washington et la crise en Syrie

Pendant qu’à Berlin Barack Obama et Angela Merkel se rendaient mutuellement hommage, à Moscou, le Kremlin affirmait jeudi avoir noué des contacts, à propos de la Syrie, avec l'équipe de transition mise en place par Donald Trump.

Selon des agences de presse russes, le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a dit souhaiter que la future administration américaine adoptera une nouvelle approche dans le dossier syrien.

« Bachar Al-Assad n’est pas un allié », a déclaré fermement Angela Merkel en conférence de presse jeudi, après que Barack Obama eut évoqué « les tactiques barbares » du régime du président syrien.

Le président américain sortant estime qu’il serait « naïf de s’attendre à un virage à 180 degrés de la part de la Russie ou du président Al-Assad ». Néanmoins, a dit Barack Obama, les États-Unis et ses alliés vont continuer à intervenir dans l’espoir de clore la meurtrière crise syrienne.

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